Chères et chers collègues,
C’est vrai, tout le monde croule sous les articles à revoir, les cours à préparer et à donner, les livres à boucler, les conseils et réunions de travail à ne pas manquer…
Mais en cette rentrée, il serait particulièrement bête que les mobilisés de l’année dernière aillent à toutes les réunions, sauf à celle de la CNU.
Oui cela fait beaucoup, oui vous n’êtes peut-être libres que le mardi matin ou que le mardi après-midi, ou pas du tout, et c’est dur alors que d’autres sont en vacances de la Toussaint.
Mais les raisons que nous avions de lutter persistent toutes. Tandis que les anciens foyers de l’opposition aux réformes de ce gouvernement sont encore en activité, et que de nouveaux s’éveillent.
Gardons la flamme vive, nous aussi.
Soyons nombreux, mardi 27 octobre à Nanterre, à partir de 9h45, amphi B2.
Laurence Vanoflen
Monica Michelin
Christophe Mileschi
Pour le Comité d’organisation
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
ORDRE DU JOUR :
Informations
1) État de la mobilisation :
• Le point sur la mobilisation, dans les universités représentées.
• Le point sur la répression.
• La difficulté de mobiliser y compris pour la CNU lorsqu’on n’est pas en grève.
2) Les médias et l’université depuis septembre
• des articles sur la précarité (« les soutiers » dans Le Monde)
• sur le manque de perspectives de carrière (l’Express)
3) Politiques et financements :
• le budget en trompe-l’oeil.
• le gigantesque gaspillage du Crédit Impôt Recherche épinglé par la Cour des Comptes.
• la politique des primes plutôt que des augmentations de point d’indice et des refus
médiatisés.
4) Gestion des établissements et destruction du service public :
• Mutualisation (PRES)
• Autonomie (RCE)
• Privatisation (PPP)
5) Mastérisation :
• les dernières annonces
• le point sur le Forum des sociétés savantes du 17 octobre
• le point sur la CNDFE du samedi 24 octobre.
Débats
• Bilan du mouvement janvier-juin 2009
• Quel rôle pour la CNU ?
Motions
Calendrier
• Manifestation le 17 novembre à l’appel de la précédente CNU.
• Journée de grève et manifestation de la maternelle à l’université (FSU, SUD) le 24
novembre.
• Retour de la Ronde des Obstinés tous les lundis de 18h à 20h sur le parvis de l’Hôtel
de Ville.
• Information sur le collectif "De la maternelle à l'université" du 93 : Le 15 octobre, des
professeurs d'écoles maternelles et élémentaires, des professeurs d'I.U.F.M., d'I.U.T.,
des maîtres formateurs, des conseillers pédagogiques, des directeurs d'école, des PE2
(professeurs des écoles stagiaires), des maîtres de conférences, des BIATOSS se sont
réunis. Chacun avait à coeur d'affirmer sa détermination à continuer de résister à
l'entreprise de destruction de l'Enseignement public, de la Maternelle à l'Université.
*Prochaine réunion : jeudi 12 novembre à 18h30, à la Bourse du Travail de Bobigny
Ouvert par les personnels, enseignant/e/s, chercheur/e/s, de l’université Paris 12, en grève à l’appel de la coordination nationale des universités, ce blog propose à tous les personnels et étudiants de Paris12 (UFR, IUT, IUFM, labos, etc.) un espace de mobilisation, d'information, de débat sur le mouvement déclenché en février 2009 contre:
- le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
- le démantèlement des concours de recrutement et le projet formation des enseignants des premier et second degrés
- les conséquences néfastes de la loi LRU pour les étudiants et tous les personnels enseignants, chercheurs, biatoss
- la remise en cause des statuts et des instances d'évaluation nationale
- la transformation des organismes de recherche en agences de moyens pour une recherche et un pilotage à court terme de la recherche et de l’enseignement supérieur par le pouvoir politique
- le contrat doctoral sans moyens réels
- la suppression des postes dans la recherche, l’enseignement, l’administration et les bibliothèques universitaires
- l'ouverture d'un marché du savoir et des enseignements du supérieur livré au secteur privé, commercial ou religieux.
L’Université n’est pas une entreprise, le savoir n’est pas une marchandise.
La professionnalisation à court terme n'est pas l'objectif premier de la formation universitaire.
L’investissement dans l'éducation à tous les niveaux est la plus sûre des relances.
Le gouvernement doit retirer ses décrets pour engager une véritable négociation avec les représentants des mouvements actuels et prendre en compte leurs propositions pour
- un service public de l'éducation de la maternelle à l'université accessible à tous
- une répartition égale des moyens de l'enseignement supérieur post-bac
- le développement des espaces de libertés pour l'enseignement et la recherche (libre débat, innovation, expérimentations, créations)
- des modes de recrutement et d'avancement reposant sur des critères nationaux explicites et transparents
Ce blog est modéré sous la responsabilité de la coordination des personnels en lutte et des organisations syndicales participant au mouvement.
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Pour réagir à un article, vous pouvez laisser un commentaire. Pour cela il suffit de cliquer, au bas de l’article sur lequel vous souhaitez réagir, sur « commentaires », ici en orange. Remplir ensuite le formulaire qui s’affiche et actionner le bouton « publier un commentaire ». Si un message d'erreur apparaît, cliquer une seconde fois.
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- le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
- le démantèlement des concours de recrutement et le projet formation des enseignants des premier et second degrés
- les conséquences néfastes de la loi LRU pour les étudiants et tous les personnels enseignants, chercheurs, biatoss
- la remise en cause des statuts et des instances d'évaluation nationale
- la transformation des organismes de recherche en agences de moyens pour une recherche et un pilotage à court terme de la recherche et de l’enseignement supérieur par le pouvoir politique
- le contrat doctoral sans moyens réels
- la suppression des postes dans la recherche, l’enseignement, l’administration et les bibliothèques universitaires
- l'ouverture d'un marché du savoir et des enseignements du supérieur livré au secteur privé, commercial ou religieux.
L’Université n’est pas une entreprise, le savoir n’est pas une marchandise.
La professionnalisation à court terme n'est pas l'objectif premier de la formation universitaire.
L’investissement dans l'éducation à tous les niveaux est la plus sûre des relances.
Le gouvernement doit retirer ses décrets pour engager une véritable négociation avec les représentants des mouvements actuels et prendre en compte leurs propositions pour
- un service public de l'éducation de la maternelle à l'université accessible à tous
- une répartition égale des moyens de l'enseignement supérieur post-bac
- le développement des espaces de libertés pour l'enseignement et la recherche (libre débat, innovation, expérimentations, créations)
- des modes de recrutement et d'avancement reposant sur des critères nationaux explicites et transparents
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lundi 26 octobre 2009
mercredi 21 octobre 2009
POUR QUE LES PRECAIRES DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE PUBLIQUE SORTENT DE L'INVISIBILITE
Un questionnaire destiné à recueillir les conditions de travail et de rémunération des précaires est à remplir en ligne à l'adresse suivante : http://www.precarite-esr.org
les organisations syndicales de l'enseignement supérieur et de la recherche ainsi que les associations SLR et SLU ont présenté à la presse l'enquête sur la précarité dans les universités et les organismes de recherche qu'ils lancent de façon conjointe. La bataille contre la précarité et pour des créations d'emplois de titulaires a été mise en avant au cour des luttes du printemps dernier. En effet, l'emploi précaire se développe de façon exponentielle dans tous les laboratoires et services. A l'INRETS, organisme spécialisé dans la recherche sur les transports, les précaires constituent presque 50% (...)
Les inégalités ne cessent de croître dans le supérieur: d'un côté la précarité augmente, de l'autre on généralise les primes, sans principe et sans transparence.
LES SYNDICATS CLAQUENT LA PORTE DU CTP DU CNRS Le 20 octobre 2009. Déclaration des représentants des personnels à la sortie du CTP du CNRS :
Le Comité Technique Paritaire du CNRS du 20 octobre 2009 avait à l'ordre du jour la procédure de mise en oeuvre de la Prime d' Excellence Scientifique. Les représentants du personnel ont lu une déclaration commune explicitant l'opposition de la communauté à cette prime d'excellence. Les représentants du personnel considèrent que la prime d'excellence scientifique décrétée par le ministère et présentée comme une revalorisation des rémunérations, est de nature à mettre en péril les collectifs de travail et à provoquer de graves dysfonctionnements (...)
* CREATION D'UN COLLECTIF MCF/ site http://www.collectif-mcf.net/.
les organisations syndicales de l'enseignement supérieur et de la recherche ainsi que les associations SLR et SLU ont présenté à la presse l'enquête sur la précarité dans les universités et les organismes de recherche qu'ils lancent de façon conjointe. La bataille contre la précarité et pour des créations d'emplois de titulaires a été mise en avant au cour des luttes du printemps dernier. En effet, l'emploi précaire se développe de façon exponentielle dans tous les laboratoires et services. A l'INRETS, organisme spécialisé dans la recherche sur les transports, les précaires constituent presque 50% (...)
Les inégalités ne cessent de croître dans le supérieur: d'un côté la précarité augmente, de l'autre on généralise les primes, sans principe et sans transparence.
LES SYNDICATS CLAQUENT LA PORTE DU CTP DU CNRS Le 20 octobre 2009. Déclaration des représentants des personnels à la sortie du CTP du CNRS :
Le Comité Technique Paritaire du CNRS du 20 octobre 2009 avait à l'ordre du jour la procédure de mise en oeuvre de la Prime d' Excellence Scientifique. Les représentants du personnel ont lu une déclaration commune explicitant l'opposition de la communauté à cette prime d'excellence. Les représentants du personnel considèrent que la prime d'excellence scientifique décrétée par le ministère et présentée comme une revalorisation des rémunérations, est de nature à mettre en péril les collectifs de travail et à provoquer de graves dysfonctionnements (...)
* CREATION D'UN COLLECTIF MCF/ site http://www.collectif-mcf.net/.
samedi 3 octobre 2009
Le nouvel attrape-gogo, la prime d'excellence
De nouvelles mesures sont appliquées, comme la prime d’excellence scientifique pour les chercheurs des EPST et les enseignants chercheurs dans les Universités qui accentue l’individualisation des rémunérations. De même, la loi mobilité qui a été votée cet été sera un outil redoutable pour gérer les redéploiements des personnels lors des restructurations.
Des dispositions plus anciennes comme les créations de CDD et le crédit d’impôt recherche ont pris une ampleur considérable.
Le CNRS développe des outils comme Sirhus pour mettre en œuvre cette politique. Les Instituts, qui se substituent aux Départements, sont effectivement mis en place cet automne et leurs Conseils Scientifiques donneront lieux à des élections au Printemps 2010.
De nouvelles mesures, comme la gestion des laboratoires « aux coups complets », sont envisagées qui pourraient avoir des conséquences graves.
La réorganisation des carrières des catégories A et B commence à faire l’objet de propositions gouvernementales.
Des dispositions plus anciennes comme les créations de CDD et le crédit d’impôt recherche ont pris une ampleur considérable.
Le CNRS développe des outils comme Sirhus pour mettre en œuvre cette politique. Les Instituts, qui se substituent aux Départements, sont effectivement mis en place cet automne et leurs Conseils Scientifiques donneront lieux à des élections au Printemps 2010.
De nouvelles mesures, comme la gestion des laboratoires « aux coups complets », sont envisagées qui pourraient avoir des conséquences graves.
La réorganisation des carrières des catégories A et B commence à faire l’objet de propositions gouvernementales.
mardi 22 septembre 2009
AG de Paris12 en lutte, lundi 28 septembre 12h30, Amphi jaune
Le comité de mobilisation de Paris 12 appelle les
enseignants, les étudiants et les personnels administratifs et de
bibliothèque lors d’une première Assemblée Générale de rentrée le
lundi 28 septembre à 12h30 en Amphi jaune afin
- de faire le point sur la situation actuelle à Paris 12
- de désigner des mandatés pour la CNU du 30 septembre.
Venez nombreux !
Le comité de mobilisation de Paris 12
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
L'Université Paris 8 accueille la prochaine Coordination Nationale
des Universités (CNU) le mercredi 30 septembre 2009. Le comité
d’organisation de la CNU a demandé à l’ensemble des universités
d'organiser des assemblées générales locales avant le 29 septembre
pour désigner des mandatés, et de lui faire parvenir des bilans
relatifs, pour chaque université, aux sujets suivants : première
rentrée LRU, répression administrative et judiciaire, remontée des
maquettes, organisation de la modulation des services, mise en place
des entretiens professionnels. Vous trouverez ci-dessous l’annonce et
l’invitation de l’Université Paris 8.
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
L'université Paris 8 a le plaisir d'accueillir la prochaine CNU
mercredi 30 septembre 2009.
L'ordre du jour proposé pourrait être le suivant :
Matin : informations sur la situation en cette première rentrée LRU.
- synthèse sur les textes officiels publiés pendant l'été
- point général sur la situation dans les universités et bilan des
actions menées pour cette rentrée
Après-midi : perspectives. Modes d'action et calendrier.
Afin de la préparer, le comité d'organisation demande à l'ensemble des
universités :
- d'organiser des assemblées générales locales avant le 29 septembre
pour désigner des mandatés.
Dans le cas où ces AG ne pourraient avoir lieu, le comité
d'organisation propose que la CNU accueille également les membres de
la communauté universitaire volontaires qui participeront aux débats
sans pour autant être comptabilisés pour les votes éventuels.
Merci de vous inscrire en envoyant un courriel à l'adresse
cnu30septembre.mandat@gmail.com en nous précisant le mode de
désignation retenu.
enseignants, les étudiants et les personnels administratifs et de
bibliothèque lors d’une première Assemblée Générale de rentrée le
lundi 28 septembre à 12h30 en Amphi jaune afin
- de faire le point sur la situation actuelle à Paris 12
- de désigner des mandatés pour la CNU du 30 septembre.
Venez nombreux !
Le comité de mobilisation de Paris 12
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L'Université Paris 8 accueille la prochaine Coordination Nationale
des Universités (CNU) le mercredi 30 septembre 2009. Le comité
d’organisation de la CNU a demandé à l’ensemble des universités
d'organiser des assemblées générales locales avant le 29 septembre
pour désigner des mandatés, et de lui faire parvenir des bilans
relatifs, pour chaque université, aux sujets suivants : première
rentrée LRU, répression administrative et judiciaire, remontée des
maquettes, organisation de la modulation des services, mise en place
des entretiens professionnels. Vous trouverez ci-dessous l’annonce et
l’invitation de l’Université Paris 8.
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L'université Paris 8 a le plaisir d'accueillir la prochaine CNU
mercredi 30 septembre 2009.
L'ordre du jour proposé pourrait être le suivant :
Matin : informations sur la situation en cette première rentrée LRU.
- synthèse sur les textes officiels publiés pendant l'été
- point général sur la situation dans les universités et bilan des
actions menées pour cette rentrée
Après-midi : perspectives. Modes d'action et calendrier.
Afin de la préparer, le comité d'organisation demande à l'ensemble des
universités :
- d'organiser des assemblées générales locales avant le 29 septembre
pour désigner des mandatés.
Dans le cas où ces AG ne pourraient avoir lieu, le comité
d'organisation propose que la CNU accueille également les membres de
la communauté universitaire volontaires qui participeront aux débats
sans pour autant être comptabilisés pour les votes éventuels.
Merci de vous inscrire en envoyant un courriel à l'adresse
cnu30septembre.mandat@gmail.com en nous précisant le mode de
désignation retenu.
dimanche 13 septembre 2009
La ronde infinie rappelle à Pécresse que l'université n'est pas un marchepied
Dimanche 13 / 09 à *14h*,
devant la *Halle Freyssinet, 55 bd Vincent Auriol (m° Chevaleret*).
V. Pécresse inaugure sa campagne électorale....
Retrouvons-nous nombreux au moment où elle et ses amis J.F. Copé et X. Bertrand doivent prononcer leurs allocutions.
Notre obstination reste intacte !
http://rondeinfinie.canalblog.com/
devant la *Halle Freyssinet, 55 bd Vincent Auriol (m° Chevaleret*).
V. Pécresse inaugure sa campagne électorale....
Retrouvons-nous nombreux au moment où elle et ses amis J.F. Copé et X. Bertrand doivent prononcer leurs allocutions.
Notre obstination reste intacte !
http://rondeinfinie.canalblog.com/
lundi 7 septembre 2009
11 septembre 2009, quoi de neuf à Paris12 en lutte?
Vendredi 11 septembre de 12h30 à 14h
Salle de réunion de la Maison de l'Etudiant du CMC à Créteil
Proposition d'ordre du jour :
- Mastérisation (où en est-on ? conséquences au niveau local .....)
- Statut des EC
- Echéances électorales à P12 (dans les UFR, les Conseils...)
- Planning des futures réunions
- Proposition d'actions (la première pourrait être d'aller accueillir Valérie Pécresse le 13 sept. voir son invitation plus bas)
Amicalement
Catherine Deville Cavellin, Brigitte Blondet, Angélica Keller, Gérard Lauton, Mustapha Zidi
Salle de réunion de la Maison de l'Etudiant du CMC à Créteil
Proposition d'ordre du jour :
- Mastérisation (où en est-on ? conséquences au niveau local .....)
- Statut des EC
- Echéances électorales à P12 (dans les UFR, les Conseils...)
- Planning des futures réunions
- Proposition d'actions (la première pourrait être d'aller accueillir Valérie Pécresse le 13 sept. voir son invitation plus bas)
Amicalement
Catherine Deville Cavellin, Brigitte Blondet, Angélica Keller, Gérard Lauton, Mustapha Zidi
mardi 14 juillet 2009
Et si c’était maintenant que ça commençait ?
Réflexions de Sauvons l’Université ! sur le printemps 2009 des universités
mardi 14 juillet 2009
Le 10 août 2007 est promulguée la loi LRU (Libertés et responsabilités
des universités), adoptée à la sauvette le 1er août : prenant en charge
cette élaboration hâtive, Madame Pécresse a pu longtemps croire que la
rupture du paradigme universitaire qu’elle promouvait ainsi allait
passer sans trop de difficultés. Certes, en octobre 2007, les étudiants
engagent un mouvement dans une bonne moitié des universités françaises ;
certes, ils sont soutenus çà et là par des universitaires et des
collègues du personnel administratif ; certes, un vrai débat est lancé
dans certains des syndicats et certaines des associations de
l’enseignement supérieur et de la recherche dont l’une, SLU, voit
justement le jour à cette occasion ; certes, le débat - et le combat -
connaissent une nouvelle étape au printemps 2008 avec le mouvement lié à
la remise en cause des organismes publics de recherche. Reste toutefois
qu’il y a un an et demi, le monde de l’enseignement supérieur et de la
recherche ne s’était pas massivement saisi des questions posées par
cette nouvelle loi. Pas plus qu’il ne s’était vraiment emparé l’année
précédente des conséquences du Pacte pour la Recherche ou de la création
des deux agences nationales (ANR et AERES), dont on allait vite
percevoir le rôle essentiel dans le nouveau dispositif voulu par le
gouvernement. Toutes celles et tous ceux qui avaient tenté de mobiliser
leurs collègues durant cette période partagent sans doute ce constat.
Le premier semestre 2009 nous met devant une situation de nature
profondément différente. On pourrait l’expliquer en posant que les
acteurs de ce mouvement ont agi à la fois parce qu’ils étaient touchés
en tant que personnes et parce qu’ils étaient atteints en tant que
membres d’un corps. Du même coup, les conditions commençaient à être
réunies pour que le dossier devienne politique aux yeux d’une bonne part
des collègues concernés : comme dans tout agir politique, s’y sont
croisés ethos individuel, conscience des droits et devoirs d’un groupe
constitué et réinscription de l’université dans le champ social et
politique. Pour beaucoup, et ce n’est pas un hasard, la réforme de la
formation et du recrutement des enseignants du premier et du second
degré a joué un rôle essentiel dans cette prise de conscience, parce
qu’elle touche au cœur de la fonction sociale des universités, parce que
s’y noue de manière évidente l’ensemble de ces dimensions. Dans un
milieu éminemment individualiste, où toute explication des dynamiques et
de l’idéologie mises en œuvre dans l’université est souvent perçue avec
suspicion ou incrédulité et où la tension vers la recherche d’une «
vérité scientifique » tend à gommer toute analyse politique du monde et
de nos pratiques, ce regain d’action collective est riche de
perspectives à moyen terme. Il pourrait déboucher sur une repolitisation
du milieu universitaire. Il a d’ores et déjà refait de l’université un
objet politique.
Ce qui a changé ou l’irruption du politique dans le débat universitaire
Au terme de quatre mois de mouvement, nous devons admettre que nous ne
sommes pas parvenus à bloquer la dynamique des projets ministériels.
S’agit-il d’une défaite ? Le mouvement reprendra-t-il, et sous quelles
formes, à la fin de l’été ou plus tard ? Telles sont les deux questions
principales posées de façon récurrente depuis le début du mois de juin
par tous ceux qui ne se satisfont pas d’être enfin sortis d’une
situation que plus personne ne contrôlait vraiment.
Le propos qui suit entend moins répondre à ces deux questions que
revenir sur ce qui importe peut-être tout autant que ces réponses, dès
lors que la fin de cette histoire n’est pas encore écrite. L’évidence de
la dimension politique de ce qui s’est passé s’est imposée à une bonne
part des acteurs de la mobilisation, ce qui représente une rupture
étonnante par rapport à deux attitudes caractéristiques de notre société
qui n’épargnent pas la communauté universitaire.
D’abord, la tendance à qualifier de « politique » toute logique
revendicative globale, au sens négatif de « partisan », d’« illusoire »,
voire d’« idéologique », comme s’il s’agissait là d’une sorte
d’aberration, de grossièreté, inconvenante entre gens de bonne compagnie
soucieux de l’avenir de la science et de sa transmission. Ensuite,
l’usage impensé d’un faisceau de notions constitutives d’une nouvelle
doxa, en particulier ministérielle : « autonomie », « gouvernance », «
professionnalisation », « compétition », « classements, » «
responsabilité », « société de la connaissance », « compétences », «
évaluation », « excellence », « modernisation », « innovation »…
Généralisés de façon insidieuse, ces concepts forment un système de
valeurs qui, quasiment naturalisé, finit par relever d’un état de fait
excluant l’hypothèse et le débat. Le refus de généraliser dans un cas et
l’adhésion à une généralisation abusive dans l’autre contribuent depuis
longtemps, chacun à leur place, à la dépolitisation du discours sur
l’enseignement supérieur et sur ses réformes éventuelles.
Dès lors, la méfiance à l’égard du « politique » ainsi conçu tend à
faire de la réflexion sur l’université l’affaire des seuls spécialistes
de l’administration, voire - pire ! – à la restreindre à la gestion de
la vie universitaire, dans laquelle dominent le discours de l’expertise
et l’apparente neutralité technique du constat froid et indiscutable, ne
tolérant aucune élaboration collective. L’apparente rigueur des chiffres
remplace ainsi la pensée critique, le « bon sens » et les bons
sentiments se substituent à l’analyse contradictoire, la morgue des
certitudes solitaires à la délibération, trop lente au goût des
gouvernants. La réalité doit être simple : il faut faire croire que rien
n’est politique dans cette affaire, que tout relève du seul souci de la
bonne utilisation des deniers publics, de l’efficacité et du classement
légitime des compétences.
C’est justement cet édifice prétendument naturel qu’a remis en cause le
mouvement dans les universités du premier semestre 2009. Et il l’a fait
d’une façon doublement inattendue : par le nombre des interventions et
par leurs formes. On voulait présenter la « fronde » ou la « grogne »
(selon deux termes péjoratifs, récurrents dans les articles de presse
pour qualifier tout mouvement social) comme un caprice de privilégiés ne
se souciant que de leurs avantages acquis, un mouvement opposant des «
décideurs » responsables, soucieux du bon fonctionnement de
l’institution, à une corporation brouillonne, unie par l’agrégat de ses
intérêts individuels. En réalité, des pages d’analyses, des discussions
continues, des échanges nourris ont précisé toujours plus de quoi il
retournait. Des milliers d’universitaires ont commencé à parler d’autres
choses que de la répartition de leurs enseignements, du niveau des
étudiants ou de la nature de leurs recherches en cours. Au gré de ces
échanges, le caractère politique des « réformes » a été plus nettement
affirmé. Compte tenu de la syndicalisation très minoritaire dans le
milieu universitaire, une telle réaction a trouvé en tâtonnant ses
propres formes, souvent inédites : des expressions collectives –
éphémères, mais régulières - de la communauté et, simultanément, une
profusion d’interventions individuelles nourries par une inventivité
rare. Ces formes ont, non sans quelque paradoxe, proclamé une aspiration
légitime à une certaine radicalité (arrêter le fonctionnement de
l’université, bloquer tel ou tel lieu public, lancer des happenings en
direction des rectorats, des gares ou des péages d’autoroute) et admis
dans un même temps son impossibilité (elle eût été contraire à l’unité
large du mouvement mais aussi – et c’est un point qui mérite d’être
questionné – à l’idée que nombre de ses participants se font d’eux-mêmes).
Dans ce mouvement, on a donc beaucoup créé, pensé, écrit, envoyé, reçu,
lu, critiqué, marché,... tourné. Nous sommes incapables aujourd’hui de
dire quelles idées fortes resteront ; nous ne savons pas encore comment
penser l’articulation entre ces idées et les actions futures. Il n’en
demeure pas moins que cette production foisonnante a sans doute changé
les données de la situation. Beaucoup d’entre nous, dans l’inexpérience
même d’un mouvement qui n’avait pas de précédent, ont appris de leurs
hésitations et de leurs erreurs mêmes : c’est d’ailleurs là sans doute
la première des réponses à donner à ceux qui s’interrogent sur ce qui
restera de ce « printemps des universités ». Très vite, les débats ont
dépassé la simple question statutaire, contrairement à la présentation
univoque faite d’emblée dans de nombreux media - et peut-être aussi, il
faut l’admettre, contrairement aux premières motivations de certains
participants au mouvement. Ces débats se sont élargis à l’université en
général, ils ont inscrit les « réformes » du moment dans une histoire
longue, ils les ont confrontées à des bouleversements analogues touchant
d’autres secteurs (l’éducation nationale, l’hôpital, la justice, la
poste). A côté du statut des enseignants-chercheurs se sont imposés
d’autres dossiers et, contrairement à ce que l’on aurait pu craindre,
cet élargissement du débat n’a pas pris la forme d’un catalogue de
revendications infinies. Il a précisé le récit politique dans lequel
l’épisode statutaire devait s’inscrire. Quelques idées force ont été
reprises par ce mouvement de manière plutôt consensuelle. Une
interprétation globale des événements s’est dégagée, dont découlait une
conclusion alarmante : l’université était aussi l’un des lieux où se
déployait une politique plus générale et polymorphe de destruction
programmée de la tradition républicaine de service public. Si cette
explication donnait sens à ce qui se passait, elle rendait
symétriquement le conflit plus aigu.
Prémisses à de nouvelles analyses
La réaction du monde universitaire, qui a pu être taxée de corporatiste,
renvoie d’abord, chronologiquement, à la prise de conscience de
l’existence d’une crise sociale profonde dans l’université, liée aux
conditions de travail et de rétribution – la perte de leur pouvoir
d’achat - autant qu’à la fonction symbolique des universitaires. La
rupture de ce pacte républicain suivant lequel, en échange de
l’acceptation de conditions salariales et matérielles peu favorables, la
liberté de recherche et d’enseignement était garantie, a renforcé des
positions plus radicalement politiques, au sens premier du terme
renvoyant à l’inscription du propos dans l’analyse des nécessités, des
droits et des devoirs liés à l’appartenance à une communauté civique. Au
passage, on a commencé à revenir sur des causalités que l’on avait
refusé de prendre en compte jusqu’alors. Il a été ainsi admis que la
source de ce que nous refusions se trouvait dans les logiques mises en
place dès le Pacte pour la Recherche puis dans la loi LRU (Libertés et
responsabilités des universités). On a mieux compris en outre que la
LOLF (Loi d’orientation relative aux lois de finance), appliquée depuis
2006, avait largement contribué à imposer des processus de gestion
administrative délétères, renforçant des logiques d’arbitrages
budgétaires et de concentration des systèmes d’information et de
décision qui nourrissent la compétition entre les individus. Ainsi ont
pu être lues ou relues différemment les injonctions de l’OCDE
(Organisation de coopération et de développement économique), les
préconisations du processus de Bologne (1999) et de la stratégie de
Lisbonne (2000). Il est apparu du même coup que l’ensemble de ces textes
et de ces dispositifs avaient une part essentielle dans la gestion
ministérielle de l’université française, qui consiste à appliquer les
critères d’évaluation de la valeur marchande immédiate à un domaine qui
ne produit à court terme que des biens immatériels. Le remodelage hâtif
d’une partie du système français d’enseignement supérieur et de
recherche à partir de références contradictoires, relevant de cultures
et d’expériences radicalement hétérogènes, n’a en fin de compte abouti
qu’à produire des structures et des pratiques hybrides, bien moins
efficaces que celles qui prévalaient auparavant. En outre, probablement
parce qu’elles concernent simultanément l’enseignement supérieur, la
recherche, et l’éducation nationale, depuis la maternelle jusqu’au
lycée, les « réformes » ont fait apparaître plus nettement que jamais la
nécessité de penser la formation des élèves et des étudiants comme un tout.
L’ensemble de ces analyses ne s’est pas pour l’essentiel développé à
partir d’a priori empruntés à des questionnements portant sur d’autres
objets : il a été construit à partir des textes et de la mise en série
critique des données publiques sur l’université dont nous disposions. Du
même coup, loin d’être arraché à son espace originel (l’université), le
mouvement de mobilisation a fait émerger une synthèse qui montre le
système idéologique à l’œuvre dans ces « réformes » et le caractère
irréductible de ce même système aux valeurs que nous entendons défendre
et promouvoir. Cette prise de conscience interdisait sur le plan
tactique d’accepter la discussion de chaque dossier au cas par cas
(puisque rien ne servait d’en régler un si les autres restaient en
jachère) mais, surtout, elle battait en brèche le consensus mou portant
l’idée de la « nécessaire réforme » de l’université. Par là même, le
discours polymorphe du mouvement se substituait, sans que cela ait été
prévu, ni pensé (et donc sans que quiconque y fût prêt...) au discours
en définitive inexistant de l’opposition politique officielle au
gouvernement en place.
Une des ambivalences et une des faiblesses de notre mouvement a sans
doute tenu à cette re-politisation brutale, donc lacunaire et partielle,
qui a dû se passer de relais politiques classiques et qui s’est
construite hors d’une pratique organisationnelle de type syndical forte.
Mais cette faiblesse peut être aussi la nouveauté de ce mouvement et son
éventuel avenir. Les universitaires ne peuvent prétendre à un monopole
de la réflexion sur eux-mêmes et l’université, mais ils ont contribué à
dévoiler les motivations du gouvernement et ont donné une place à ce
sujet dans l’agenda de la politique française.
Penser la représentation
Au travers de ce qui s’est passé ces derniers mois dans l’enseignement
supérieur et la recherche (à quoi on peut ajouter les réactions de
nombreux collègues de l’enseignement primaire à la brutalité des
différentes réformes voulues par Xavier Darcos), il est clair que, pour
la première fois depuis longtemps, la droite française met en œuvre son
projet de restructuration radicale de l’ensemble du système
d’enseignement en France. Ainsi, l’un des vrais acquis de notre combat a
été de faire apparaître le caractère central de la réforme de la
formation et du recrutement des enseignants du premier et du second
degré. En s’attaquant aux sciences fondamentales, aux lettres et
sciences humaines et aux IUFM, ce projet entend non seulement éliminer
des « maillons faibles » du système éducatif, mais surtout retrancher de
la fonction publique les enseignants – qui en constituent la majeure
partie, mais ne sont pas une des clientèles électorales traditionnelles
de la droite française. S’appuyant sur la double dualité de notre
système d’enseignement supérieur – universités / grandes écoles, public
/ privé – qu’il renforce, le gouvernement est animé par une forme de
mépris à l’égard de la culture et donc de pans entiers, non productifs à
ses yeux, de l’université (La Princesse de Clèves en étant devenue la
métaphore inattendue), il utilise le discours réformiste pour attaquer
de front les disciplines critiques que sont les sciences humaines et
sociales, et il favorise activement la croissance du secteur privé,
catholique ou non, dans l’enseignement supérieur.
Pour le gouvernement, la « réforme » n’est donc en réalité pas,
contrairement à ce qu’il claironne, une nécessité administrative et le
changement ne relève pas simplement d’une décision de « bon sens » et de
retour à une rationalité de bon aloi. Le président de la République le
dit très bien lui-même quand il fait de cette « réforme » la plus
importante de son quinquennat, une priorité absolue et une urgence
tellement impérieuse qu’elle a pu justifier toutes les précipitations et
tous les raccourcis législatifs. Aucun état des lieux n’a été fait, qui
eût replacé l’université dans les systèmes français et européen de
l’enseignement supérieur et de la recherche, qui eût posé à l’ensemble
de la société la question de la place et des objectifs assignés aux
universités, notamment à l’égard du monde du travail.
Mais les réflexions produites pendant ce mouvement ont rendu impensable
pour les principaux intéressés, les membres de la communauté
universitaire, que les « réformes » s’appliquent sans qu’ils soient
consultés et consentants : ce serait là abdiquer leur fonction
essentielle d’analyse de ce qu’ils font et de ce que l’on fait au
système d’enseignement supérieur français. La méthode du gouvernement
(faire tout en même temps, très vite et sans poser les termes collectifs
du problème, ni négocier quoi que ce soit) a contribué ainsi à
délégitimer gravement l’ensemble de l’édifice législatif récent et à
faire d’une négociation globale l’exigence collective d’une profession,
pour partie révulsée par la nature des bouleversements que l’on fait
subir à l’université, pour partie indignée de la façon dont elle est
traitée. Seule cette négociation globale pourrait rendre légitime une
réforme de l’université, elle pourrait seule faire cesser cette lente
dérive vers une « douce tyrannie ».
Cette exigence de négociations nous a confrontés au problème de la
représentation du mouvement. Nous avons souffert des faiblesses de nos
forces – un mouvement ample, protéiforme, sans base syndicale large,
unie et solide - tout autant que de la détermination de notre
adversaire. Comme l’ensemble de la société, l’université et ses
organisations représentatives sont prises dans la tendance à donner la
primeur aux individus et à la protection de leurs carrières plutôt qu’à
une conception collective de leurs fonctions sociales analogues comme
membre du même corps. De ce point de vue, pas plus les syndicats, que
les associations ou les tenants du discours sur la « dignité » blessée
des universitaires n’étaient en mesure de construire l’efficacité
politique d’une action collective.
L’amertume, les interrogations, la rage et les espoirs de ces derniers
mois ne visaient pas, par un réflexe conservateur, à sauver la vieille
université, qui n’existe plus depuis longtemps. Le mouvement a pris
conscience de ce qu’est l’université aujourd’hui et a tenté d’ouvrir des
pistes permettant de penser son futur et celui de la fonction sociale
des universitaires. La massification de l’université a eu lieu ; elle a
transformé profondément sa réalité matérielle mais aussi nos pratiques,
nos analyses et parfois, malheureusement, notre perception du bien fondé
d’un accès large à l’enseignement supérieur. Cette réaction ambivalente
tient à ce que les conséquences de la hausse du nombre d’étudiants et de
l’évolution de leurs caractéristiques n’ont pas été pensées
collectivement. Or, la question qui émerge peu à peu de la réflexion que
les universitaires ont débutée au printemps ne porte pas sur le fait de
savoir si l’université accueillerait trop de jeunes gens mais sur les
conditions nécessaires pour qu’elle continue de le faire en demeurant
l’université. L’université doit permettre un accès encore élargi de
groupes sociaux nouveaux à l’enseignement supérieur, et accomplir par là
les promesses de sa démocratisation inachevée. Cela passe, entre autres,
par le développement de pratiques démocratiques dans les relations entre
ses acteurs et par un engagement à repenser collectivement la production
et la transmission du savoir et des connaissances dans la société.
***
Ces longs mois ont donc permis d’engager un processus de réflexion sur
ce que pourrait être une autre université. C’est en partie dans cette
nouveauté et cette altérité que réside l’enjeu de la repolitisation du
dossier qui est ici notre propos. Il n’y aura pas de véritable réflexion
sur les moyens de réformer l’université sans prise en charge du
caractère nécessairement politique d’une telle réflexion. Pas plus qu’on
ne saurait réduire l’action politique à la manifestation ou à la rue, on
ne peut réserver la réflexion à la sphère purement intellectuelle,
séparée des mouvements sociaux, pour la proposer ensuite comme discours
d’expertise à ceux qui seraient les véritables acteurs de la réforme –
le pouvoir exécutif, l’administration. De même que le discours
d’expertise ne peut être réservé à quelques sommités plus ou moins
proches des réalités universitaires, le discours de l’action politique
ne saurait être capté par les rhéteurs de la radicalisation. Toute
polarisation des lieux, des formes et des organisateurs du débat
continuerait à laisser à l’extérieur de celui-ci la majorité des acteurs
de la mobilisation.
Redonner sens au politique, sur la foi de la prise de conscience qui
s’est opérée, c’est réinvestir tous les moments et lieux de la vie
universitaire et sociale. C’est continuer sans relâche d’offrir une
pensée critique aux étudiants. C’est enfin, tirant les leçons des
mouvements de ces dernières années, réfléchir au rapport entre la
réflexion sur l’université et ce à quoi elle sert de manière à ne pas
laisser au seul pouvoir exécutif la responsabilité de traduire en termes
politiques les problèmes de l’enseignement supérieur et de la recherche,
et plus généralement du système d’éducation publique en France. Cela
impose donc non seulement de construire la force politique d’une
réflexion collective, mais aussi de prendre constamment en charge les
propositions, les lieux d’où elles viennent et les usages qui en sont faits.
mardi 14 juillet 2009
Le 10 août 2007 est promulguée la loi LRU (Libertés et responsabilités
des universités), adoptée à la sauvette le 1er août : prenant en charge
cette élaboration hâtive, Madame Pécresse a pu longtemps croire que la
rupture du paradigme universitaire qu’elle promouvait ainsi allait
passer sans trop de difficultés. Certes, en octobre 2007, les étudiants
engagent un mouvement dans une bonne moitié des universités françaises ;
certes, ils sont soutenus çà et là par des universitaires et des
collègues du personnel administratif ; certes, un vrai débat est lancé
dans certains des syndicats et certaines des associations de
l’enseignement supérieur et de la recherche dont l’une, SLU, voit
justement le jour à cette occasion ; certes, le débat - et le combat -
connaissent une nouvelle étape au printemps 2008 avec le mouvement lié à
la remise en cause des organismes publics de recherche. Reste toutefois
qu’il y a un an et demi, le monde de l’enseignement supérieur et de la
recherche ne s’était pas massivement saisi des questions posées par
cette nouvelle loi. Pas plus qu’il ne s’était vraiment emparé l’année
précédente des conséquences du Pacte pour la Recherche ou de la création
des deux agences nationales (ANR et AERES), dont on allait vite
percevoir le rôle essentiel dans le nouveau dispositif voulu par le
gouvernement. Toutes celles et tous ceux qui avaient tenté de mobiliser
leurs collègues durant cette période partagent sans doute ce constat.
Le premier semestre 2009 nous met devant une situation de nature
profondément différente. On pourrait l’expliquer en posant que les
acteurs de ce mouvement ont agi à la fois parce qu’ils étaient touchés
en tant que personnes et parce qu’ils étaient atteints en tant que
membres d’un corps. Du même coup, les conditions commençaient à être
réunies pour que le dossier devienne politique aux yeux d’une bonne part
des collègues concernés : comme dans tout agir politique, s’y sont
croisés ethos individuel, conscience des droits et devoirs d’un groupe
constitué et réinscription de l’université dans le champ social et
politique. Pour beaucoup, et ce n’est pas un hasard, la réforme de la
formation et du recrutement des enseignants du premier et du second
degré a joué un rôle essentiel dans cette prise de conscience, parce
qu’elle touche au cœur de la fonction sociale des universités, parce que
s’y noue de manière évidente l’ensemble de ces dimensions. Dans un
milieu éminemment individualiste, où toute explication des dynamiques et
de l’idéologie mises en œuvre dans l’université est souvent perçue avec
suspicion ou incrédulité et où la tension vers la recherche d’une «
vérité scientifique » tend à gommer toute analyse politique du monde et
de nos pratiques, ce regain d’action collective est riche de
perspectives à moyen terme. Il pourrait déboucher sur une repolitisation
du milieu universitaire. Il a d’ores et déjà refait de l’université un
objet politique.
Ce qui a changé ou l’irruption du politique dans le débat universitaire
Au terme de quatre mois de mouvement, nous devons admettre que nous ne
sommes pas parvenus à bloquer la dynamique des projets ministériels.
S’agit-il d’une défaite ? Le mouvement reprendra-t-il, et sous quelles
formes, à la fin de l’été ou plus tard ? Telles sont les deux questions
principales posées de façon récurrente depuis le début du mois de juin
par tous ceux qui ne se satisfont pas d’être enfin sortis d’une
situation que plus personne ne contrôlait vraiment.
Le propos qui suit entend moins répondre à ces deux questions que
revenir sur ce qui importe peut-être tout autant que ces réponses, dès
lors que la fin de cette histoire n’est pas encore écrite. L’évidence de
la dimension politique de ce qui s’est passé s’est imposée à une bonne
part des acteurs de la mobilisation, ce qui représente une rupture
étonnante par rapport à deux attitudes caractéristiques de notre société
qui n’épargnent pas la communauté universitaire.
D’abord, la tendance à qualifier de « politique » toute logique
revendicative globale, au sens négatif de « partisan », d’« illusoire »,
voire d’« idéologique », comme s’il s’agissait là d’une sorte
d’aberration, de grossièreté, inconvenante entre gens de bonne compagnie
soucieux de l’avenir de la science et de sa transmission. Ensuite,
l’usage impensé d’un faisceau de notions constitutives d’une nouvelle
doxa, en particulier ministérielle : « autonomie », « gouvernance », «
professionnalisation », « compétition », « classements, » «
responsabilité », « société de la connaissance », « compétences », «
évaluation », « excellence », « modernisation », « innovation »…
Généralisés de façon insidieuse, ces concepts forment un système de
valeurs qui, quasiment naturalisé, finit par relever d’un état de fait
excluant l’hypothèse et le débat. Le refus de généraliser dans un cas et
l’adhésion à une généralisation abusive dans l’autre contribuent depuis
longtemps, chacun à leur place, à la dépolitisation du discours sur
l’enseignement supérieur et sur ses réformes éventuelles.
Dès lors, la méfiance à l’égard du « politique » ainsi conçu tend à
faire de la réflexion sur l’université l’affaire des seuls spécialistes
de l’administration, voire - pire ! – à la restreindre à la gestion de
la vie universitaire, dans laquelle dominent le discours de l’expertise
et l’apparente neutralité technique du constat froid et indiscutable, ne
tolérant aucune élaboration collective. L’apparente rigueur des chiffres
remplace ainsi la pensée critique, le « bon sens » et les bons
sentiments se substituent à l’analyse contradictoire, la morgue des
certitudes solitaires à la délibération, trop lente au goût des
gouvernants. La réalité doit être simple : il faut faire croire que rien
n’est politique dans cette affaire, que tout relève du seul souci de la
bonne utilisation des deniers publics, de l’efficacité et du classement
légitime des compétences.
C’est justement cet édifice prétendument naturel qu’a remis en cause le
mouvement dans les universités du premier semestre 2009. Et il l’a fait
d’une façon doublement inattendue : par le nombre des interventions et
par leurs formes. On voulait présenter la « fronde » ou la « grogne »
(selon deux termes péjoratifs, récurrents dans les articles de presse
pour qualifier tout mouvement social) comme un caprice de privilégiés ne
se souciant que de leurs avantages acquis, un mouvement opposant des «
décideurs » responsables, soucieux du bon fonctionnement de
l’institution, à une corporation brouillonne, unie par l’agrégat de ses
intérêts individuels. En réalité, des pages d’analyses, des discussions
continues, des échanges nourris ont précisé toujours plus de quoi il
retournait. Des milliers d’universitaires ont commencé à parler d’autres
choses que de la répartition de leurs enseignements, du niveau des
étudiants ou de la nature de leurs recherches en cours. Au gré de ces
échanges, le caractère politique des « réformes » a été plus nettement
affirmé. Compte tenu de la syndicalisation très minoritaire dans le
milieu universitaire, une telle réaction a trouvé en tâtonnant ses
propres formes, souvent inédites : des expressions collectives –
éphémères, mais régulières - de la communauté et, simultanément, une
profusion d’interventions individuelles nourries par une inventivité
rare. Ces formes ont, non sans quelque paradoxe, proclamé une aspiration
légitime à une certaine radicalité (arrêter le fonctionnement de
l’université, bloquer tel ou tel lieu public, lancer des happenings en
direction des rectorats, des gares ou des péages d’autoroute) et admis
dans un même temps son impossibilité (elle eût été contraire à l’unité
large du mouvement mais aussi – et c’est un point qui mérite d’être
questionné – à l’idée que nombre de ses participants se font d’eux-mêmes).
Dans ce mouvement, on a donc beaucoup créé, pensé, écrit, envoyé, reçu,
lu, critiqué, marché,... tourné. Nous sommes incapables aujourd’hui de
dire quelles idées fortes resteront ; nous ne savons pas encore comment
penser l’articulation entre ces idées et les actions futures. Il n’en
demeure pas moins que cette production foisonnante a sans doute changé
les données de la situation. Beaucoup d’entre nous, dans l’inexpérience
même d’un mouvement qui n’avait pas de précédent, ont appris de leurs
hésitations et de leurs erreurs mêmes : c’est d’ailleurs là sans doute
la première des réponses à donner à ceux qui s’interrogent sur ce qui
restera de ce « printemps des universités ». Très vite, les débats ont
dépassé la simple question statutaire, contrairement à la présentation
univoque faite d’emblée dans de nombreux media - et peut-être aussi, il
faut l’admettre, contrairement aux premières motivations de certains
participants au mouvement. Ces débats se sont élargis à l’université en
général, ils ont inscrit les « réformes » du moment dans une histoire
longue, ils les ont confrontées à des bouleversements analogues touchant
d’autres secteurs (l’éducation nationale, l’hôpital, la justice, la
poste). A côté du statut des enseignants-chercheurs se sont imposés
d’autres dossiers et, contrairement à ce que l’on aurait pu craindre,
cet élargissement du débat n’a pas pris la forme d’un catalogue de
revendications infinies. Il a précisé le récit politique dans lequel
l’épisode statutaire devait s’inscrire. Quelques idées force ont été
reprises par ce mouvement de manière plutôt consensuelle. Une
interprétation globale des événements s’est dégagée, dont découlait une
conclusion alarmante : l’université était aussi l’un des lieux où se
déployait une politique plus générale et polymorphe de destruction
programmée de la tradition républicaine de service public. Si cette
explication donnait sens à ce qui se passait, elle rendait
symétriquement le conflit plus aigu.
Prémisses à de nouvelles analyses
La réaction du monde universitaire, qui a pu être taxée de corporatiste,
renvoie d’abord, chronologiquement, à la prise de conscience de
l’existence d’une crise sociale profonde dans l’université, liée aux
conditions de travail et de rétribution – la perte de leur pouvoir
d’achat - autant qu’à la fonction symbolique des universitaires. La
rupture de ce pacte républicain suivant lequel, en échange de
l’acceptation de conditions salariales et matérielles peu favorables, la
liberté de recherche et d’enseignement était garantie, a renforcé des
positions plus radicalement politiques, au sens premier du terme
renvoyant à l’inscription du propos dans l’analyse des nécessités, des
droits et des devoirs liés à l’appartenance à une communauté civique. Au
passage, on a commencé à revenir sur des causalités que l’on avait
refusé de prendre en compte jusqu’alors. Il a été ainsi admis que la
source de ce que nous refusions se trouvait dans les logiques mises en
place dès le Pacte pour la Recherche puis dans la loi LRU (Libertés et
responsabilités des universités). On a mieux compris en outre que la
LOLF (Loi d’orientation relative aux lois de finance), appliquée depuis
2006, avait largement contribué à imposer des processus de gestion
administrative délétères, renforçant des logiques d’arbitrages
budgétaires et de concentration des systèmes d’information et de
décision qui nourrissent la compétition entre les individus. Ainsi ont
pu être lues ou relues différemment les injonctions de l’OCDE
(Organisation de coopération et de développement économique), les
préconisations du processus de Bologne (1999) et de la stratégie de
Lisbonne (2000). Il est apparu du même coup que l’ensemble de ces textes
et de ces dispositifs avaient une part essentielle dans la gestion
ministérielle de l’université française, qui consiste à appliquer les
critères d’évaluation de la valeur marchande immédiate à un domaine qui
ne produit à court terme que des biens immatériels. Le remodelage hâtif
d’une partie du système français d’enseignement supérieur et de
recherche à partir de références contradictoires, relevant de cultures
et d’expériences radicalement hétérogènes, n’a en fin de compte abouti
qu’à produire des structures et des pratiques hybrides, bien moins
efficaces que celles qui prévalaient auparavant. En outre, probablement
parce qu’elles concernent simultanément l’enseignement supérieur, la
recherche, et l’éducation nationale, depuis la maternelle jusqu’au
lycée, les « réformes » ont fait apparaître plus nettement que jamais la
nécessité de penser la formation des élèves et des étudiants comme un tout.
L’ensemble de ces analyses ne s’est pas pour l’essentiel développé à
partir d’a priori empruntés à des questionnements portant sur d’autres
objets : il a été construit à partir des textes et de la mise en série
critique des données publiques sur l’université dont nous disposions. Du
même coup, loin d’être arraché à son espace originel (l’université), le
mouvement de mobilisation a fait émerger une synthèse qui montre le
système idéologique à l’œuvre dans ces « réformes » et le caractère
irréductible de ce même système aux valeurs que nous entendons défendre
et promouvoir. Cette prise de conscience interdisait sur le plan
tactique d’accepter la discussion de chaque dossier au cas par cas
(puisque rien ne servait d’en régler un si les autres restaient en
jachère) mais, surtout, elle battait en brèche le consensus mou portant
l’idée de la « nécessaire réforme » de l’université. Par là même, le
discours polymorphe du mouvement se substituait, sans que cela ait été
prévu, ni pensé (et donc sans que quiconque y fût prêt...) au discours
en définitive inexistant de l’opposition politique officielle au
gouvernement en place.
Une des ambivalences et une des faiblesses de notre mouvement a sans
doute tenu à cette re-politisation brutale, donc lacunaire et partielle,
qui a dû se passer de relais politiques classiques et qui s’est
construite hors d’une pratique organisationnelle de type syndical forte.
Mais cette faiblesse peut être aussi la nouveauté de ce mouvement et son
éventuel avenir. Les universitaires ne peuvent prétendre à un monopole
de la réflexion sur eux-mêmes et l’université, mais ils ont contribué à
dévoiler les motivations du gouvernement et ont donné une place à ce
sujet dans l’agenda de la politique française.
Penser la représentation
Au travers de ce qui s’est passé ces derniers mois dans l’enseignement
supérieur et la recherche (à quoi on peut ajouter les réactions de
nombreux collègues de l’enseignement primaire à la brutalité des
différentes réformes voulues par Xavier Darcos), il est clair que, pour
la première fois depuis longtemps, la droite française met en œuvre son
projet de restructuration radicale de l’ensemble du système
d’enseignement en France. Ainsi, l’un des vrais acquis de notre combat a
été de faire apparaître le caractère central de la réforme de la
formation et du recrutement des enseignants du premier et du second
degré. En s’attaquant aux sciences fondamentales, aux lettres et
sciences humaines et aux IUFM, ce projet entend non seulement éliminer
des « maillons faibles » du système éducatif, mais surtout retrancher de
la fonction publique les enseignants – qui en constituent la majeure
partie, mais ne sont pas une des clientèles électorales traditionnelles
de la droite française. S’appuyant sur la double dualité de notre
système d’enseignement supérieur – universités / grandes écoles, public
/ privé – qu’il renforce, le gouvernement est animé par une forme de
mépris à l’égard de la culture et donc de pans entiers, non productifs à
ses yeux, de l’université (La Princesse de Clèves en étant devenue la
métaphore inattendue), il utilise le discours réformiste pour attaquer
de front les disciplines critiques que sont les sciences humaines et
sociales, et il favorise activement la croissance du secteur privé,
catholique ou non, dans l’enseignement supérieur.
Pour le gouvernement, la « réforme » n’est donc en réalité pas,
contrairement à ce qu’il claironne, une nécessité administrative et le
changement ne relève pas simplement d’une décision de « bon sens » et de
retour à une rationalité de bon aloi. Le président de la République le
dit très bien lui-même quand il fait de cette « réforme » la plus
importante de son quinquennat, une priorité absolue et une urgence
tellement impérieuse qu’elle a pu justifier toutes les précipitations et
tous les raccourcis législatifs. Aucun état des lieux n’a été fait, qui
eût replacé l’université dans les systèmes français et européen de
l’enseignement supérieur et de la recherche, qui eût posé à l’ensemble
de la société la question de la place et des objectifs assignés aux
universités, notamment à l’égard du monde du travail.
Mais les réflexions produites pendant ce mouvement ont rendu impensable
pour les principaux intéressés, les membres de la communauté
universitaire, que les « réformes » s’appliquent sans qu’ils soient
consultés et consentants : ce serait là abdiquer leur fonction
essentielle d’analyse de ce qu’ils font et de ce que l’on fait au
système d’enseignement supérieur français. La méthode du gouvernement
(faire tout en même temps, très vite et sans poser les termes collectifs
du problème, ni négocier quoi que ce soit) a contribué ainsi à
délégitimer gravement l’ensemble de l’édifice législatif récent et à
faire d’une négociation globale l’exigence collective d’une profession,
pour partie révulsée par la nature des bouleversements que l’on fait
subir à l’université, pour partie indignée de la façon dont elle est
traitée. Seule cette négociation globale pourrait rendre légitime une
réforme de l’université, elle pourrait seule faire cesser cette lente
dérive vers une « douce tyrannie ».
Cette exigence de négociations nous a confrontés au problème de la
représentation du mouvement. Nous avons souffert des faiblesses de nos
forces – un mouvement ample, protéiforme, sans base syndicale large,
unie et solide - tout autant que de la détermination de notre
adversaire. Comme l’ensemble de la société, l’université et ses
organisations représentatives sont prises dans la tendance à donner la
primeur aux individus et à la protection de leurs carrières plutôt qu’à
une conception collective de leurs fonctions sociales analogues comme
membre du même corps. De ce point de vue, pas plus les syndicats, que
les associations ou les tenants du discours sur la « dignité » blessée
des universitaires n’étaient en mesure de construire l’efficacité
politique d’une action collective.
L’amertume, les interrogations, la rage et les espoirs de ces derniers
mois ne visaient pas, par un réflexe conservateur, à sauver la vieille
université, qui n’existe plus depuis longtemps. Le mouvement a pris
conscience de ce qu’est l’université aujourd’hui et a tenté d’ouvrir des
pistes permettant de penser son futur et celui de la fonction sociale
des universitaires. La massification de l’université a eu lieu ; elle a
transformé profondément sa réalité matérielle mais aussi nos pratiques,
nos analyses et parfois, malheureusement, notre perception du bien fondé
d’un accès large à l’enseignement supérieur. Cette réaction ambivalente
tient à ce que les conséquences de la hausse du nombre d’étudiants et de
l’évolution de leurs caractéristiques n’ont pas été pensées
collectivement. Or, la question qui émerge peu à peu de la réflexion que
les universitaires ont débutée au printemps ne porte pas sur le fait de
savoir si l’université accueillerait trop de jeunes gens mais sur les
conditions nécessaires pour qu’elle continue de le faire en demeurant
l’université. L’université doit permettre un accès encore élargi de
groupes sociaux nouveaux à l’enseignement supérieur, et accomplir par là
les promesses de sa démocratisation inachevée. Cela passe, entre autres,
par le développement de pratiques démocratiques dans les relations entre
ses acteurs et par un engagement à repenser collectivement la production
et la transmission du savoir et des connaissances dans la société.
***
Ces longs mois ont donc permis d’engager un processus de réflexion sur
ce que pourrait être une autre université. C’est en partie dans cette
nouveauté et cette altérité que réside l’enjeu de la repolitisation du
dossier qui est ici notre propos. Il n’y aura pas de véritable réflexion
sur les moyens de réformer l’université sans prise en charge du
caractère nécessairement politique d’une telle réflexion. Pas plus qu’on
ne saurait réduire l’action politique à la manifestation ou à la rue, on
ne peut réserver la réflexion à la sphère purement intellectuelle,
séparée des mouvements sociaux, pour la proposer ensuite comme discours
d’expertise à ceux qui seraient les véritables acteurs de la réforme –
le pouvoir exécutif, l’administration. De même que le discours
d’expertise ne peut être réservé à quelques sommités plus ou moins
proches des réalités universitaires, le discours de l’action politique
ne saurait être capté par les rhéteurs de la radicalisation. Toute
polarisation des lieux, des formes et des organisateurs du débat
continuerait à laisser à l’extérieur de celui-ci la majorité des acteurs
de la mobilisation.
Redonner sens au politique, sur la foi de la prise de conscience qui
s’est opérée, c’est réinvestir tous les moments et lieux de la vie
universitaire et sociale. C’est continuer sans relâche d’offrir une
pensée critique aux étudiants. C’est enfin, tirant les leçons des
mouvements de ces dernières années, réfléchir au rapport entre la
réflexion sur l’université et ce à quoi elle sert de manière à ne pas
laisser au seul pouvoir exécutif la responsabilité de traduire en termes
politiques les problèmes de l’enseignement supérieur et de la recherche,
et plus généralement du système d’éducation publique en France. Cela
impose donc non seulement de construire la force politique d’une
réflexion collective, mais aussi de prendre constamment en charge les
propositions, les lieux d’où elles viennent et les usages qui en sont faits.
dimanche 5 juillet 2009
Pour une autre mastérisation
Cette contribution est le fruit de réflexions menées par un groupe d’enseignants, enseignants chercheurs, formateurs de l’Université Paris 12 - de l’UFR LSH et de l’IUFM de Créteil, convaincus qu’il est possible de dépasser les « conflits d’intérêt » et les rivalités souvent entretenues entre UFR et IUFM.
Elle n’aborde pas le contenu des concours mais l’architecture générale d’une autre mastérisation, pour le domaine des Lettres, langues et sciences humaines. Le dispositif élaboré est synthétisé dans un schéma en fin de document.
Principes directeurs :
En préalable à ses propositions, le groupe a commencé par dresser une liste des principes communs aux enseignants mobilisés des UFR et de l’IUFM, principes à partir desquels devrait être élaboré tout projet de masterisation, à savoir :
- Maintien du lien entre réussite aux concours de recrutement et formation des enseignants ;
- Préservation de la fonction publique d’Etat ;
- Refus de la mise en concurrence entre Formation professionnelle et Formation à la recherche ;
- Un vrai stage de fonctionnaire en responsabilité et en formation alternée ;
- Des concours à contenus disciplinaires ;
- Garantie de la présence universitaire au sein des jurys de concours.
Propositions :
1) Recruter les enseignants par concours nationaux de la fonction publique d’Etat
Les enseignants, enseignants-chercheurs, formateurs répètent leur attachement au recrutement des enseignants par concours - une procédure de sélection par l’excellence et de manière égalitaire pour tous les candidats à l’échelle nationale.
2) Un concours placé en fin de M1.
Les concours doivent être placés en fin de la première année de Master ; ils conditionnent l’accès au M2 MEF. Cette solution est le seul moyen d’éviter la création d’un « marché des enseignants », de respecter le caractère national du recrutement, et permet la réorientation suffisamment précoce des étudiants ayant échoué aux concours.
Argument : Le danger (et probablement l’objectif) de la réforme de mastérisation de la formation et du recrutement des enseignants telle qu’elle a été envisagée jusqu’à présent par Mme Pécresse et M. Darcos est la création d’un nombre de diplômés aux masters des métiers de l’enseignement bien supérieur à celui des reçus aux concours de recrutement des enseignants. Le résultat prévisible serait la création d’un « marché des enseignants » ouvert aux recrutements par des commissions rectorales ou des établissements, sur des contrats dépourvus des garanties statutaires de la fonction publique.
A la différence du projet actuel du gouvernement, qui prévoit l’allongement de la durée des études d’un an sans rémunération, ce dispositif permet de concilier le maintien de l’entrée dans la fonction publique d’Etat dès le début de l’année Bac + 5, et la sanction par le diplôme de master d’une formation à la fois disciplinaire et professionnelle.
La dissociation entre admissibilité en M1 et admission en M2 n’est pas souhaitable : l’année de M2 se ferait dans ce cas sous statut d’étudiant et non de fonctionnaire-stagiaire.
3) Une formation validée par des ECTS
La réussite à un concours conditionne l’attribution des 60 ECTS permettant de s’inscrire en M2 MEF.
L’admissibilité permet aux étudiants de capitaliser une partie, à définir au niveau national, de ces 60 ECTS.
En cas d’échec au concours, les étudiants peuvent poursuivre en M1 MEF l’année suivante et se représenter au concours, ou bien se réorienter dans des Masters d’autres mentions (ou d’autres domaines).
Des commissions ad hoc attribuent le cas échéant des équivalences d’ECTS de M1 pour les masters d’une autre mention du domaine d’origine.
Des réorientations peuvent avoir lieu dès la fin du premier semestre de M1. Des ECTS sont attribuées en fonction des résultats de ce premier semestre.
4) Master MEF : Un diplôme de master sanctionnant une formation disciplinaire et professionnelle.
L’année de fonctionnaire-stagiaire consécutive à la réussite au concours doit rester une étape essentielle de la professionnalisation des enseignants, grâce à une formation en alternance. Il s’agit de l’année de M2 MEF, sous statut de fonctionnaire-stagiaire.
Les deux années de masters comportent une dimension disciplinaire (dominante en M1) et une dimension professionnelle (dominante en M2).
Le diplôme de master vient donc sanctionner les deux années de préparation de concours et de stage de formation en alternance, partagée entre stage(s) en responsabilité sur le terrain (1/3 du temps) et la formation à l’université (2/3 du temps).
Des EC de préprofessionnalisation sont proposés aux étudiants dès l’année de L3. Les stages avant le recrutement des enseignants par concours sont des stages d’observation ou de pratique accompagnée.
Les lauréats aux concours, fonctionnaires-stagiaires, s’inscrivent alors en M2 mention MEF dans la spécialité correspondant au concours qu’ils ont réussi : professeur des écoles, professeur de collège et lycée, professeur de lycée professionnel, conseiller principal d’éducation.
La capitalisation des 60 ECTS de l’année de M2 leur permet d’obtenir le diplôme de Master délivré par l’université.
La titularisation relève du rectorat.
5) Souplesse des cursus pour les étudiants, des mentions sans exclusive
Afin de permettre aux étudiants de « circuler » entre master MEF et master Recherche, les nouveaux masters doivent être inscrits au niveau de la mention, ou de la spécialité, (et non du parcours) ; ainsi, les étudiants issus de licence ne seront pas placés devant des choix exclusifs.
Argument : Une des difficultés majeures engendrée par le projet de réforme gouvernementale réside en la mise en concurrence des masters recherche actuels et des nouveaux masters, qui risquent de « vider » les masters recherche en imposant un itinéraire unique aux étudiants ; car il est théoriquement impossible de faire deux masters dans la même spécialité. Il faut donc que les masters MEF et les masters Recherche soient fléchés comme des spécialités différentes (seule garantie pour que les étudiants ne soient pas « interdits » de masters recherche dès lors qu’ils auront fait un master enseignement, ou l’inverse.
Ex : un étudiant d’une licence d’un domaine pourra tout d’abord mener à bien une année de M1 mention Recherche, avant de s’inscrire en M1 mention MEF pour passer un concours. Statistiquement, les étudiants, déjà titulaires d’un M1 recherche sont actuellement beaucoup plus nombreux à réussir les CAPES en lettres, langues et sciences humaines. Il leur sera possible aussi de s’inscrire en M2 recherche, soit après leur année de M1 recherche, soit en même temps que leurs années de Master MEF, soit après avoir obtenu leur Master MEF. Mais un étudiant pourra aussi faire le choix de s’inscrire en M1 MEF dès après sa licence, par exemple pour passer le concours de professeur des écoles ou de professeur de lycée professionnel.
Cette souplesse d’itinéraires permet d’adapter la formation aux besoins de chaque spécialité du métier d’enseignant sans mettre en question l’unité du statut d’enseignant fonctionnaire.
6) Renforcement du lien entre Recherche et Formation professionnelle
La mastérisation doit être l’occasion de reconnaître et d’améliorer une formation de cinq ans aux métiers de l’enseignement. Un mémoire de recherche sera réalisé au cours de l’année de M2, dans un champ en relation avec les métiers de l’enseignement et de la formation : didactique disciplinaire, sciences de l’éducation, sociologie de l’éducation, histoire de l’enseignement … Il pourra être poursuivi au cours de l’année de néo-titulaire 1.
D’autre part, afin de favoriser la mise en place de « troncs communs » entre masters recherche et masters MEF au sein d’une même discipline, le groupe de réflexion propose d’étudier la possibilité de mettre en place au niveau du concours une épreuve supplémentaire de « recherche » (encore en débat au sein du groupe), consistant en un mini-mémoire qui serait présenté et évalué par le jury du concours, sur le principe des « épreuves sur dossier personnel » des concours d’entrée à certaines écoles, comme par exemple les écoles d’art. Les sujets de ce « mémoire » présenté au concours pourraient aussi bien porter sur la recherche disciplinaire que la recherche en didactique.
Argument : Une telle épreuve favoriserait la validation d’un M1 MEF en vue d’un M2 Recherche sur la base d’une réelle formation.
7) Agrégation
Le pré-requis pour passer le concours d’agrégation, en M1 MEF, est d’être titulaire d’un M1 recherche.
Enseignants ayant participé au groupe de réflexion :
Arnaud BAUBEROT (UFR LSH, Histoire), Jeanne-Marie BOIVIN (UFR LSH, Lettres modernes), Karine CHAMBEFORT (UFR LSH, Anglais), Martine DAUZIER (UFR LSH, Lettres modernes), Pascale DELORMAS (IUFM de Créteil, Sciences du langage), Jean-François DUBOST (UFR LSH, Histoire), Claire FABRE (UFR LSH, Anglais), Pierre FIALA (UFR LSH, Lettres modernes), Marie FRANCO (UFR LSH, Langues romanes), Isabelle LABORDE-MILAA (UFR LSH, Lettres modernes), Guillaume MARCHE (UFR LSH, Anglais), Didier MENDIBIL (IUFM de Créteil, Géographie), Eric PELLET (UFR LSH, Lettres modernes), Fabrice RIPOLL (UFR LSH, Géographie), Béatrice RODRIGUEZ (Langues romanes), Elisabeth ROTHMUND (UFR LSH, Allemand), Marie-Albane de SUREMAIN (IUFM de Créteil, Histoire), Michel SOLONEL (IUFM de Créteil, Géographie), Ludovic THELY(UFR LSH, Histoire), Tatiana WEETS (UFR LSH, Anglais)
Rédacteurs : Marie-Albane de SUREMAIN et Eric PELLET
Contribution pour une autre mastérisation
Université Paris 12
UFR de Lettres - SH / IUFM de Créteil
Elle n’aborde pas le contenu des concours mais l’architecture générale d’une autre mastérisation, pour le domaine des Lettres, langues et sciences humaines. Le dispositif élaboré est synthétisé dans un schéma en fin de document.
Principes directeurs :
En préalable à ses propositions, le groupe a commencé par dresser une liste des principes communs aux enseignants mobilisés des UFR et de l’IUFM, principes à partir desquels devrait être élaboré tout projet de masterisation, à savoir :
- Maintien du lien entre réussite aux concours de recrutement et formation des enseignants ;
- Préservation de la fonction publique d’Etat ;
- Refus de la mise en concurrence entre Formation professionnelle et Formation à la recherche ;
- Un vrai stage de fonctionnaire en responsabilité et en formation alternée ;
- Des concours à contenus disciplinaires ;
- Garantie de la présence universitaire au sein des jurys de concours.
Propositions :
1) Recruter les enseignants par concours nationaux de la fonction publique d’Etat
Les enseignants, enseignants-chercheurs, formateurs répètent leur attachement au recrutement des enseignants par concours - une procédure de sélection par l’excellence et de manière égalitaire pour tous les candidats à l’échelle nationale.
2) Un concours placé en fin de M1.
Les concours doivent être placés en fin de la première année de Master ; ils conditionnent l’accès au M2 MEF. Cette solution est le seul moyen d’éviter la création d’un « marché des enseignants », de respecter le caractère national du recrutement, et permet la réorientation suffisamment précoce des étudiants ayant échoué aux concours.
Argument : Le danger (et probablement l’objectif) de la réforme de mastérisation de la formation et du recrutement des enseignants telle qu’elle a été envisagée jusqu’à présent par Mme Pécresse et M. Darcos est la création d’un nombre de diplômés aux masters des métiers de l’enseignement bien supérieur à celui des reçus aux concours de recrutement des enseignants. Le résultat prévisible serait la création d’un « marché des enseignants » ouvert aux recrutements par des commissions rectorales ou des établissements, sur des contrats dépourvus des garanties statutaires de la fonction publique.
A la différence du projet actuel du gouvernement, qui prévoit l’allongement de la durée des études d’un an sans rémunération, ce dispositif permet de concilier le maintien de l’entrée dans la fonction publique d’Etat dès le début de l’année Bac + 5, et la sanction par le diplôme de master d’une formation à la fois disciplinaire et professionnelle.
La dissociation entre admissibilité en M1 et admission en M2 n’est pas souhaitable : l’année de M2 se ferait dans ce cas sous statut d’étudiant et non de fonctionnaire-stagiaire.
3) Une formation validée par des ECTS
La réussite à un concours conditionne l’attribution des 60 ECTS permettant de s’inscrire en M2 MEF.
L’admissibilité permet aux étudiants de capitaliser une partie, à définir au niveau national, de ces 60 ECTS.
En cas d’échec au concours, les étudiants peuvent poursuivre en M1 MEF l’année suivante et se représenter au concours, ou bien se réorienter dans des Masters d’autres mentions (ou d’autres domaines).
Des commissions ad hoc attribuent le cas échéant des équivalences d’ECTS de M1 pour les masters d’une autre mention du domaine d’origine.
Des réorientations peuvent avoir lieu dès la fin du premier semestre de M1. Des ECTS sont attribuées en fonction des résultats de ce premier semestre.
4) Master MEF : Un diplôme de master sanctionnant une formation disciplinaire et professionnelle.
L’année de fonctionnaire-stagiaire consécutive à la réussite au concours doit rester une étape essentielle de la professionnalisation des enseignants, grâce à une formation en alternance. Il s’agit de l’année de M2 MEF, sous statut de fonctionnaire-stagiaire.
Les deux années de masters comportent une dimension disciplinaire (dominante en M1) et une dimension professionnelle (dominante en M2).
Le diplôme de master vient donc sanctionner les deux années de préparation de concours et de stage de formation en alternance, partagée entre stage(s) en responsabilité sur le terrain (1/3 du temps) et la formation à l’université (2/3 du temps).
Des EC de préprofessionnalisation sont proposés aux étudiants dès l’année de L3. Les stages avant le recrutement des enseignants par concours sont des stages d’observation ou de pratique accompagnée.
Les lauréats aux concours, fonctionnaires-stagiaires, s’inscrivent alors en M2 mention MEF dans la spécialité correspondant au concours qu’ils ont réussi : professeur des écoles, professeur de collège et lycée, professeur de lycée professionnel, conseiller principal d’éducation.
La capitalisation des 60 ECTS de l’année de M2 leur permet d’obtenir le diplôme de Master délivré par l’université.
La titularisation relève du rectorat.
5) Souplesse des cursus pour les étudiants, des mentions sans exclusive
Afin de permettre aux étudiants de « circuler » entre master MEF et master Recherche, les nouveaux masters doivent être inscrits au niveau de la mention, ou de la spécialité, (et non du parcours) ; ainsi, les étudiants issus de licence ne seront pas placés devant des choix exclusifs.
Argument : Une des difficultés majeures engendrée par le projet de réforme gouvernementale réside en la mise en concurrence des masters recherche actuels et des nouveaux masters, qui risquent de « vider » les masters recherche en imposant un itinéraire unique aux étudiants ; car il est théoriquement impossible de faire deux masters dans la même spécialité. Il faut donc que les masters MEF et les masters Recherche soient fléchés comme des spécialités différentes (seule garantie pour que les étudiants ne soient pas « interdits » de masters recherche dès lors qu’ils auront fait un master enseignement, ou l’inverse.
Ex : un étudiant d’une licence d’un domaine pourra tout d’abord mener à bien une année de M1 mention Recherche, avant de s’inscrire en M1 mention MEF pour passer un concours. Statistiquement, les étudiants, déjà titulaires d’un M1 recherche sont actuellement beaucoup plus nombreux à réussir les CAPES en lettres, langues et sciences humaines. Il leur sera possible aussi de s’inscrire en M2 recherche, soit après leur année de M1 recherche, soit en même temps que leurs années de Master MEF, soit après avoir obtenu leur Master MEF. Mais un étudiant pourra aussi faire le choix de s’inscrire en M1 MEF dès après sa licence, par exemple pour passer le concours de professeur des écoles ou de professeur de lycée professionnel.
Cette souplesse d’itinéraires permet d’adapter la formation aux besoins de chaque spécialité du métier d’enseignant sans mettre en question l’unité du statut d’enseignant fonctionnaire.
6) Renforcement du lien entre Recherche et Formation professionnelle
La mastérisation doit être l’occasion de reconnaître et d’améliorer une formation de cinq ans aux métiers de l’enseignement. Un mémoire de recherche sera réalisé au cours de l’année de M2, dans un champ en relation avec les métiers de l’enseignement et de la formation : didactique disciplinaire, sciences de l’éducation, sociologie de l’éducation, histoire de l’enseignement … Il pourra être poursuivi au cours de l’année de néo-titulaire 1.
D’autre part, afin de favoriser la mise en place de « troncs communs » entre masters recherche et masters MEF au sein d’une même discipline, le groupe de réflexion propose d’étudier la possibilité de mettre en place au niveau du concours une épreuve supplémentaire de « recherche » (encore en débat au sein du groupe), consistant en un mini-mémoire qui serait présenté et évalué par le jury du concours, sur le principe des « épreuves sur dossier personnel » des concours d’entrée à certaines écoles, comme par exemple les écoles d’art. Les sujets de ce « mémoire » présenté au concours pourraient aussi bien porter sur la recherche disciplinaire que la recherche en didactique.
Argument : Une telle épreuve favoriserait la validation d’un M1 MEF en vue d’un M2 Recherche sur la base d’une réelle formation.
7) Agrégation
Le pré-requis pour passer le concours d’agrégation, en M1 MEF, est d’être titulaire d’un M1 recherche.
Enseignants ayant participé au groupe de réflexion :
Arnaud BAUBEROT (UFR LSH, Histoire), Jeanne-Marie BOIVIN (UFR LSH, Lettres modernes), Karine CHAMBEFORT (UFR LSH, Anglais), Martine DAUZIER (UFR LSH, Lettres modernes), Pascale DELORMAS (IUFM de Créteil, Sciences du langage), Jean-François DUBOST (UFR LSH, Histoire), Claire FABRE (UFR LSH, Anglais), Pierre FIALA (UFR LSH, Lettres modernes), Marie FRANCO (UFR LSH, Langues romanes), Isabelle LABORDE-MILAA (UFR LSH, Lettres modernes), Guillaume MARCHE (UFR LSH, Anglais), Didier MENDIBIL (IUFM de Créteil, Géographie), Eric PELLET (UFR LSH, Lettres modernes), Fabrice RIPOLL (UFR LSH, Géographie), Béatrice RODRIGUEZ (Langues romanes), Elisabeth ROTHMUND (UFR LSH, Allemand), Marie-Albane de SUREMAIN (IUFM de Créteil, Histoire), Michel SOLONEL (IUFM de Créteil, Géographie), Ludovic THELY(UFR LSH, Histoire), Tatiana WEETS (UFR LSH, Anglais)
Rédacteurs : Marie-Albane de SUREMAIN et Eric PELLET
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