Ouvert par les personnels, enseignant/e/s, chercheur/e/s, de l’université Paris 12, en grève à l’appel de la coordination nationale des universités, ce blog propose à tous les personnels et étudiants de Paris12 (UFR, IUT, IUFM, labos, etc.) un espace de mobilisation, d'information, de débat sur le mouvement déclenché en février 2009 contre:
- le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
- le démantèlement des concours de recrutement et le projet formation des enseignants des premier et second degrés
- les conséquences néfastes de la loi LRU pour les étudiants et tous les personnels enseignants, chercheurs, biatoss
- la remise en cause des statuts et des instances d'évaluation nationale
- la transformation des organismes de recherche en agences de moyens pour une recherche et un pilotage à court terme de la recherche et de l’enseignement supérieur par le pouvoir politique
- le contrat doctoral sans moyens réels
- la suppression des postes dans la recherche, l’enseignement, l’administration et les bibliothèques universitaires
- l'ouverture d'un marché du savoir et des enseignements du supérieur livré au secteur privé, commercial ou religieux.

L’Université n’est pas une entreprise, le savoir n’est pas une marchandise.
La professionnalisation à court terme n'est pas l'objectif premier de la formation universitaire.
L’investissement dans l'éducation à tous les niveaux est la plus sûre des relances.

Le gouvernement doit retirer ses décrets pour engager une véritable négociation avec les représentants des mouvements actuels et prendre en compte leurs propositions pour

- un service public de l'éducation de la maternelle à l'université accessible à tous
- une répartition égale des moyens de l'enseignement supérieur post-bac
- le développement des espaces de libertés pour l'enseignement et la recherche (libre débat, innovation, expérimentations, créations)
- des modes de recrutement et d'avancement reposant sur des critères nationaux explicites et transparents

Ce blog est modéré sous la responsabilité de la coordination des personnels en lutte et des organisations syndicales participant au mouvement.
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mardi 12 mai 2009

Calendrier P12 en lutte - Jeudi 14H Manif Montparanasse et Jussieu ; mardi 19 mai, 12h, AG amphi jaune

Jeudi 14 mai

Enseignement - Recherche - Santé : tous unis contre des réformes qui visent à détruire le service public !

Il est regrettable que les organisateurs n'aient pu réaliser une convergence.

Manifestations
Personnel hospitalier: 11h30 Montparnasse (à gauche en sortant, devant la gare)
¨Personnel université :14H Jussieu

La loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) consacre le désengagement financier de l'état dans le secteur de l'enseignement et de la recherche. Cela entraîne(ra) :
  • La privatisation du secteur, tous les pouvoirs étant concentrés dans les mains des seuls présidents devenus des managers.
  • Un accès à l'enseignement inégalitaire et non garanti pour tous.
  • Les enseignants chercheurs devront « vendre » de l'enseignement et auront des objectifs dont dépendra la répartition entre leurs enseignements et leurs recherches.
  • Soumission des programmes d'enseignement et de recherche au secteur privé entraînant la suppression des filières considérées comme « non rentables ».
  • Une mise en concurrence des universités entre elles, des chercheurs entre eux. Logique managériale proprement délétère et contre-productive.
  • Une augmentation vertigineuse des frais d'inscription pour les étudiants.
  • Disparition du statut de fonctionnaire dans l'enseignement et multiplication des contrats de type privé.
  • La suppression de 1000 postes statutaires et l'emploi massif de précaires. Dans une logique dite de « recentrage sur le cœur de métier », externalisation et disparition progressive des administratifs de catégorie C.


Hôpital :
La loi Bachelot consacre le désengagement financier de l'état dans le secteur de la santé. Cela entraînera :
  • La privatisation, transformant les hôpitaux en entreprise productrice de soins.
  • Une inégalité d'accès aux soins et la dégradation de leur qualité.
  • Les médecins devront « vendre » du soin et auront des objectifs dont dépendra, dans de fortes proportions, leur part variable de rémunération.
  • Soumission à la future Agence Régionale de Santé (ARS). Le directeur de l'ARS aux pouvoirs exorbitants sera le vrai patron pour imposer les choix politiques.
  • Le recrutement discrétionnaire,par les futurs directeurs de l'ARS de contractuels à situation précaire, avec une importante part variable de rémunération liée aux objectifs, en feront des Directeurs aux « ordres ». La nomination et le recrutement, y compris sur contrats de droit privé relèveront directement du directeur de l'établissement.
  • La suppression massive d'emplois d'infirmières et d'aides-soignants.


Mardi prochain 19 mai

12h : AG amphi jaune

Pour un enseignement supérieur libre, gratuit, émancipateur.

Rappel des positions du contre sommet de Louvain (29 avril)

Alors que les mobilisations en France se poursuivent contre une politique de l’enseignement supérieur et de la recherche qui participe d’un projet de transformation néolibérale de la société, deux conceptions de l’enseignement supérieur en Europe se sont exprimées à Louvain, à l’occasion des dix ans du processus de Bologne.
La déclaration des quarante-six ministres de l’enseignement supérieur présents a défini des perspectives européennes pour 2020. Si l’objectif de « renforcer la capacité des étudiants à devenir des citoyens actifs et responsables » y est annoncé, il ne donne lieu à aucun développement. Pas la moindre proposition de mise en œuvre concrète. Par contre, le développement des compétences pour s’intégrer dans le marché du travail, puis s’adapter à ses évolutions rapides, occupe une large part du texte. De même, le terme «coopération » apparaît ici et là, alors que les notions de concurrence et d’attractivité des étudiants ou des « meilleurs » enseignants et chercheurs sont omniprésentes. Enfin, le financement public est affirmé comme un « moyen prioritaire pour assurer un accès équitable aux études et un développement autonome des établissements ». Mais la phrase suivante remet les choses en ordre : « une grande attention devra être accordée à la recherche de sources et méthodes de financement nouvelles et diversifiées ». Comprendra qui voudra.
Pour les ministres, l’objectif est explicitement la poursuite et l’achèvement du processus officiellement ouvert à Bologne en 1999. Un processus de transformation de l’enseignement supérieur en Europe dont ils jugent très positif le bilan des dix premières années.
Or, le contre-sommet s’est justement ouvert par une séance de bilan pays par pays (Angleterre, Danemark, Belgique, France, Allemagne, Espagne, Italie) qui a permis de saisir concrètement la transformation des systèmes nationaux d’enseignement supérieur : voir l’annexe ci-après. Une même direction est effectivement suivie partout en Europe. Certes, selon des modalités et des rythmes différents. Mais l’ensemble est édifiant :
- Soumission des universités à la quête de financement, à la concurrence et au pouvoir intrusif des entreprises.
- Pouvoir exorbitant des présidents.
- Augmentation des frais d’inscription des étudiants, remplacement des bourses par des prêts bancaires.
- Dans les pays les plus « avancés », réduction du nombre de cours en philosophie, lettres, sociologie, disciplines qui ont le tort de développer la pensée critique ; ou encore évolution du contenu d’enseignement faisant de ces disciplines des lieux d’adaptation néolibérale et non plus des lieux de débat contradictoire et de pensée critique.
Ce contre-sommet s’est conclu par une déclaration, qui se trouve sur le site de la Vague européenne (http://www.vagueeuropeenne.fr/), réseau organisateur du contre-sommet, composé essentiellement d’étudiants. Ses objectifs sont le développement d’un mouvement européen de résistance au processus d’asservissement de l’enseignement supérieur et la mobilisation pour « une éducation libre, gratuite et émancipatrice ».
Prochain rendez-vous, le contre G8 éducation, du 17 au 19 mai 2009 à Turin Attac Campus, qui a fait de l’enseignement supérieur une campagne prioritaire, y participera. Puis, en perspective, une mobilisation en mars 2010, à l’occasion du Conseil européen des dix ans de la stratégie de Lisbonne. En vue de cette échéance, en France s’est constitué le collectif printemps 2010 , avec pour objectif de développer un réseau européen d’organisations d’universitaires, de chercheurs ou d’étudiants, ainsi que d’associations intéressées. Il organise le 30 mai prochain, au Centquatre à Paris, une réunion publique faisant le point sur l’enseignement supérieur et la recherche dans différents pays européens, le matin, puis sur les résistances et la construction du réseau européen, l’après-midi.
Représenté à Louvain par certaines de ses organisations membres (Attac, le SNESUP, la Fondation sciences citoyennes…) le Collectif printemps 2010 (constitué d’organisations) est né indépendamment de la Vague européenne (constituée de personnes). Réciproquement la création de la vague européenne n’a pas à voir avec le Collectif printemps 2010. Mais d’emblée ces deux réseaux ont entretenu des rapports de dialogue et de soutien mutuel.
Marc Delepouve Représentant du SNESUP au contre sommet de Louvain

Annexe
Bilan : Quelques chiffres de l’OCDE (2006) :
- Pourcentage d’étudiants bénéficiant d’un logement social : Danemark, 20% ; Suède, 17% ; Allemagne, 10%, ; France, 8% ; Italie, 1,7%.
- Dépense pour l’enseignement supérieur :
Union européenne, 1,2% ; Italie, 0,8%.
- Dépense pour la recherche, c’est en Italie environ la moitié de la moyenne européenne.
- Nombre d’enseignants du supérieur : Allemagne, 115 000 ; Grande Bretagne, 126 000 ; France, 77 000 ; Italie, 50 000.

Dix ans de Bologne, pays par pays

Angleterre
Réforme :
- Les universités ne sont plus dirigées par des élus.
- Actuellement des cours sont supprimés en philosophie, sociologie…
- Les matières telles que la philosophie ou les sciences politiques subissent de la part des milieux de l’économie des pressions pour en faire des lieux ou outils d’adaptation et non pas de critique.
- L’enseignement de l’anglais langue étrangère est privatisé.
- Les universités sont financées par les étudiants à hauteur de 3000 livres en licence, et de 10 000 livres après la licence.
- Le problème des disciplines telles que la philosophie est que l’espoir de salaire à la sortie n’est souvent pas suffisant pour permettre des prêts étudiants.
- Le logement social étudiant est privatisé.
Mobilisations :
- Lors de son dernier congrès, le principal syndicat étudiant a décidé d’abandonner le principe de la gratuité des études.
- Il est difficile de mobiliser les étudiants, d’autant qu’ils sont dans une démarche de financement de leurs études, de nature investissement individuel, qui a pour conséquence une occupation à plein temps de leurs journées. D’une phrase, certains résume la situation : « Les étudiants de la classe moyenne doivent bosser dans les bars pour étudiants riches ».

Espagne
En 2004 la LOU initie la libéralisation/privatisation :
- « autonomie » comme en France et gestion financière par les établissements,
- Sélection à l’entrée,
- Développement du pouvoir des entreprises dans les décisions.
En 2005 la gauche nouvellement arrivée au pouvoir stop la LOU, puis sous couvert d’Europe amorce une relance du contenu de la LOU.
Les masters donnent lieu à des doits d’inscriptions qui sont fonction de l’offre et de la demande : plus un master est demandé, plus il est cher.

Danemark
- Non seulement les études sont gratuites mais elles donnent lieu à une rémunération : 600 euros par mois sur une période maximale de six ans. En février 2009 des manifestations se sont opposées à une réduction de cette période à 4 ans.
- Les études sont aussi gratuites pour tous les étudiants de l’Union européenne. Jusqu’à il y a deux, elles étaient gratuites pour tous les étudiants du monde. L’enseignement est en danois.
- L’intrusion des entreprises dans les universités est de plus en plus importante. Notamment, auparavant les onze membres des CA étaient ou personnels ou étudiants et actuellement c’est 2 étudiants, 2 enseignants, 1 BIATOS, 6 représentants d’entreprises.
- Le gouvernement vient d’autoriser les universités privées.
- Actuellement une mobilisation porte contre l’appropriation (brevets) par des entreprises des découvertes universitaires.

Italie
Frais d’inscription en 2006 : 1 800 euros. Mais depuis le gouvernement a donné aux universités l’autorisation de devenir de droit privé, d’où des frais d’inscription libre. Lequel est en fait rendu obligatoire par la baisse du financement de l’Etat. Ainsi les études de lettres à Florence donneront lieu à des frais d’inscription de 8 000 euros à partir de 2009. Dès 1999 le LMD fut mis en œuvre. En 2004 (gouvernement Berlusconi) une loi similaire à la LRU a été votée.
Réforme de l’école primaire, loi de 2008 :
- Retour de l’uniforme pour les élèves.
- Enseignement de la religion catholique.
- Suppression de l’école l’après midi.
- Suppression des écoles de petite taille.
- Retour à un instituteur par classe. Depuis les années 90, afin que les élèves bénéficient d’une pluralité d’approches, les enfants avaient plusieurs profs.
- Un pan de la réforme a été retiré : la séparation des élèves italiens et des migrants.
Par ailleurs, seulement un tiers des départs à la retraire de fonctionnaires est remplacé. Se développe « en contre partie » la précarité.
Mobilisation 2008 ; début octobre, des enseignants d’une école occupent leur école. De là s’est enclenché une mobilisation de tout l’enseignement. Mais les vacances de Noël verront la fin du mouvement.

Belgique
Il n’existe pas de syndicat étudiant en Belgique. L’enseignement supérieur y est communautaire : francophone / flamand. Les universités sont déjà autonomes depuis plusieurs années. Les financements sont de 80 à 90 % d’Etat.
En Belgique francophone les trois grosses universités sont en train d’absorber les petites qui gravitaient autour.
800 euros d’inscription en Belgique francophone.
Accroissement de la concurrence : les universités s’arrachent les étudiants, dont les internationaux. Les étudiants ne sont pas conscients de ce qui se passe dans leurs universités.
Université catholique de Louvain-la-Neuve : LMD en place depuis 5 ans.
Université libre de Bruxelles (ULB, publique), lieu du contre sommet :
- La philosophie et les lettres sont les plus visées par les réformes de l’ULB. En philo, passage de 20 cours par an à 12.
- Les objectifs stratégiques (officiels) du recteur de l’université : 1. Etre bien rangé dans les classements ; … ; Dernier objectif, penser la société.
- La clef de répartition des finances en fonction du nombre d’étudiants est étendue à la nomination des profs. Par exemple UN pour les lettres, DEUX pour les sciences, TROIS pour les sciences appliquées. Si bien que mécaniquement le nombre d’enseignants en lettres va en décroissant, d’où la fermeture de cours et/ou des effectifs pléthoriques.
- Solvé, l’homologue d’HEC Paris, fonctionne telle une entreprise. Elle a été fusionnée avec la fac d’économie de l’ULB. Si bien que cette fac possède maintenant des chaires privées (marchand de bière, etc.).
Deux étudiants de l’ULB ont participé très activement à la préparation du présent contre sommet. Dont l’animateur de groupe Attac campus de l’université, lequel rassemble 20 étudiants (ce qui est exceptionnel en Belgique).

Allemagne
- Les frais d’inscription n’ont dans un premier temps porté que sur les dernières années d’études longues. 2005 amorce une généralisation à l’ensemble des années. Aujourd’hui cette généralisation touche 6 régions sur 16.
- Les universités allemandes ont un Sénat : 8 étudiants, 8 enseignants, 5 BIATOS. Mais le président est nommé par une autre instance, et le renforcement du pouvoir du président à marginalisé le Sénat.
- Le mode de gestion type LRU à entraîné une modification de l’esprit du savoir enseigné.
- De plus en plus de connections avec l’entreprise, ce qui entraîne des spécialisations telles que l’armement.
- Droite/gauche poursuivent le processus de privatisation des universités.
Mobilisation :
- 2001, lutte, grève, manifestation de colère ;
- 2005, lutte plus pacifique ;
- 2006, blocage d’autoroutes, de centres commerciaux (les mobilisations contre le CPE ont inspiré les étudiants allemands).

Bilan général exprimé par de nombreux intervenants : le mouvement est déjà européen, car beaucoup de pays d’Europe y ont participé. Il lui reste à s’organiser à ce niveau. Ce qui est l’objet de la vague européenne.

L'UMP veut faire la peau à l'université et fabriquer des présidents à sa mode

Bafouant les déclarations gouvernementales sur la prétendue autonomie des universités garantie par la LRU, l'UMP propose, dans un amendement, de faire nommer par les recteurs les membres non élus des CA et de faire ainsi élire les présidents par des CA godillots. Face à cette nouvelle provocation thatchérienne à l'égard du monde universitaire, nous ne pouvons que nous remobiliser massivement pour défendre notre outil de travail par tous les moyens.

SIGNEZ LA DECLARATION: "ce qui nous unit". Paris 12 LSH [p12lettres@gmail.com]

PARTICIPEZ A L'ASSEMBLEE UNITAIRE A MIDI EN AMPHI JAUNE.

N’oubliez pas la nouvelle journée de manifestations en convergence avec les personnels des hopitaux : jeudi 14 mai 11h30 (lieu précisé ultérieurement.

Ce matin 200 personnes ont bloqué la route nationale passant devant l'Hopital Henri Mondor; cette action a été décidée au cours d'une Assemblée Générale qui réunissait des participants de l'Université et de l'Hôpital.

dimanche 10 mai 2009

"Ce qui nous unit… " : 135 signatures dans Paris 12

Déclaration des enseignants de l’UFR de LSH opposés aux décrets et au projets en cours, adressée à tous les collègues de Paris 12

Depuis six mois, chacun d’entre nous a participé à des degrés divers à ce qui est désormais considéré comme le plus long mouvement de protestation de l’histoire de l’Université française, et qui a pris les formes les plus variées : pétitions, appels, lettres ouvertes, affichage, refus de transmission des maquettes, motions en département, motions au CA, manifestations, grève des cours, grève des jurys, contre-cours, cours hors-les-murs, happenings divers, blocages temporaires, reports de partiels…
Depuis six mois, en dehors de quelques modifications cosmétiques destinées à donner le change au plan médiatique, le gouvernement est resté sourd à cette protestation massive.
Dans ce contexte difficile, le débat sur les moyens d’actions occulte trop souvent les questions de fond, et suscite entre nous des divisions que le gouvernement s’efforce d’exploiter au maximum.

C’est pourquoi, nous, personnel enseignant de l’UFR de Lettres et Sciences humaines de l’Université Paris 12, tenons à réaffirmer publiquement ce qui nous unit depuis le début du mouvement en dépit de divergences possibles sur les moyens d’actions, à savoir notre opposition commune aux décrets et aux projets de réforme actuels de l’université et de la recherche : formation des enseignants (« mastérisation »), réforme des concours de recrutement, décret sur le statut des enseignants-chercheurs, réforme du CNRS.

Comme nous l’avons fait ensemble dès l’automne 2008, nous demandons toujours au gouvernement d’en finir avec cette surdité délétère, d’écouter les hommes et les femmes qui font cette Université qu’il déclare vouloir réformer, d’entendre les critiques formulées par l’écrasante majorité des syndicats et des sociétés savantes, de retirer ses projets et ses décrets, et d’organiser enfin une véritable concertation avec tous les acteurs du mouvement.

Quels que soient les moyens par lesquels, individuellement ou collectivement, nous avons choisi de manifester cette opposition, ensemble nous en réaffirmons les principes fondamentaux :
- notre refus commun de la liquidation du service public de l’enseignement qui aura pour corollaire la précarisation généralisée du métier d’enseignant ;
- notre refus commun d’une entreprise de dévoiement de l’esprit universitaire ;
- notre refus commun de la marchandisation du savoir.

A Créteil, le 5 mai 2009


A la date du 10 juin, 130 collègues ont signé des versions de la déclaration « ce qui nous unit », en LSH, en SESS, en Sciences et technologie, en IUT. Nous invitons d'ores et déjà les collègues des autres UFR, des IUT, de l'IUFM à reprendre cette déclaration dans leur unité et à la signer en renvoyant leur signature à l'adresse suivante: p12lettres@gmail.com


130 signatures au 10 juin 2009

UFR : Lettres, langues, sciences humaines : 85 signatures

Déclaration des enseignants et chercheurs de l’Université Paris 12 Val de Marne
opposés aux réformes en cours
Ce qui nous unit…


Depuis six mois, chacun d’entre nous a participé à des degrés divers à ce qui est désormais considéré comme le plus long mouvement de protestation de l’histoire de l’Université française, et qui a pris les formes les plus variées : pétitions, appels, lettres ouvertes, affichage, refus de transmission des maquettes, motions en département, motions au CA, manifestations, grève des cours, grève des jurys, contre-cours, cours hors-les-murs, happenings divers, blocages temporaires, reports de partiels, suspension d’examens …
Depuis six mois, en dehors de quelques modifications cosmétiques destinées à donner le change au plan médiatique, le gouvernement est resté sourd à cette protestation massive.
Dans ce contexte difficile, le débat sur les moyens d’actions occulte trop souvent les questions de fond, et suscite entre nous des divisions que le gouvernement s’efforce d’exploiter .

C’est pourquoi, nous, personnels enseignants, chercheurs, de l’Université Paris 12 Val de Marne, réaffirmons ce qui nous unit depuis le début du mouvement, en dépit de différences d’appréciation possibles sur les moyens d’actions, à savoir notre opposition commune aux décrets actuels et aux projets de démantèlement de l’université et de la recherche : formation des enseignants sans moyens (« mastérisation »), réforme des concours de recrutement abolissant le stage annuel, décret cassant le statut des enseignants-chercheurs, démantèlement du CNRS.

Comme nous l’avons fait ensemble dès l’automne 2008, nous demandons toujours au gouvernement d’en finir avec cette surdité délétère, d’écouter les hommes et les femmes qui font cette Université qu’il déclare vouloir réformer, d’entendre les critiques formulées par l’écrasante majorité des syndicats et des sociétés savantes, de retirer ses projets et ses décrets, et d’organiser enfin une véritable concertation avec tous les acteurs du mouvement.

Quels que soient les moyens par lesquels, individuellement ou collectivement, nous avons choisi de manifester cette opposition, ensemble nous en réaffirmons les principes fondamentaux :
- notre refus commun de la liquidation du service public de l’enseignement qui aura pour corollaire la précarisation généralisée du métier d’enseignant ;
- notre refus commun d’une entreprise de dévoiement de l’esprit et du savoir universitaires ;
- notre refus commun de la marchandisation des connaissances.

A Créteil, le 15 mai 2009

140 signatures au 10 juin 2009

UFR : Lettres, langues, sciences humaines : 85 signatures

ABDELLAOUI Abdelkader (MCF, codirecteur département de Géographie).
ALFONSO Aitor (CC, Langues romanes)
AMFREVILLE Marc (PU, Anglais)
AQUIEN Michèle (PU, Lettres)
BARATS Christine (CC, Iinfocom)
BARROSO Eliane (PRAG, Langues romanes)
BAUBEROT Arnaud (MCF, Histoire)
BLANCHARD S. ( )
BLANDIN Claire (MCF, Histoire)
BOGDAM Sylviane(MCF, Lettres)
BOIVIN Jeanne-Marie (PU, directrice du département de Lettres)
BROQUA Vincent (MCF, Anglais)
BUHL Virginie (PRAG, LEA)
CARON Nathalie (PU, Anglais)
CHAMBEFORT Karine (PRAG, Anglais)
CHARTIER Chantal (PRAG, directrice du département de LEA)
CHIRON Pierre (PU, Lettres, directeur de l’Ecole Doctorale LLSHSS)
CIMOLINO Emanuelle (AMN, Lettres)
CONTE Roberta. (CC, Langues romanes)
CUNY-LE CALLET Blandine. (MCF, Lettres)
COLLIERE-WHITESIDE Ch. (PRAG, Anglais)
DAUZIER Martine (MCF, Lettres)
DESCHAMPS Yannick (MCF, Anglais)
DIOP Papa (PU, Lettres)
DOLL Jürgen (PU, Allemand, Directeur du département d'Allemand)
DUBOST Jean-François (PU, Histoire)
DULAC Anne-Valérie (PRAG, LEA)
DUPEY-GARCIA Elodie (ATER, Langues romanes)
DUPEYRON-LAFAY Françoise (PU, directrice du département d’Anglais)
FABRE Claire (MCF, Anglais)
FIALA Pierre (MCF, Lettres)
FRANCO Marie (PU, codirectrice du département de Langues romanes)
FUREIX Emmanuel (MCF, Histoire)
GIGANDET Alain (MCF, Philosophie)
GILLARDEAUX Patrice (MCF, Anglais)
GOBLOT L. ( )
GOROCHOV Nathalie (MCF, Histoire)
GOURNAY Lucie (PU, Anglais)
GRANGER Anne (MCF, INFOCOM)
GRAY Mark (MCF, Anglais)
GRELOIS Séverine (MCF, Langues romanes)
GUEROIS Marianne (MCF, Géographie)
GUILLET-LABURTHE Suzanne. (ATER, Lettres)
GUILLOUX Véronique (MCF, LEA)
JOUANNY Sylvie (PU, Lettres)
KERTESZ-VIAL Elisabeth (MCF, Langues romanes)
KRIEG-PLANQUE Alice (MCF, INFOCOM)
LABORDE-MILAA Isabelle (MCF, Lettres)
LABOURET Mireille (MCF, Lettres)
LASSALLE Didier (PU, Anglais)
LEBLANC Jean-Marc (MCF, Lettres)
LETEMPLE Céline (ATER, Anglais)
MAINGUENEAU Dominique (PU, Lettres)
MARCHE Guillaume (MCF, Anglais)
MOISY Amélie (MCF, LEA)
MONNIER Sébastien (ATER, Géographie)
MOREAU Philippe (PU, Lettres)
MOREAU Marie-Christine (MCF, LEA)
MULLEN John (MCF, Anglais)
NORA Parola-Leconte (MCF, Langues romanes)
OLIVIER Florence (PU, Langues romanes)
OUHMANI Cécile (MCF Anglais Sc eco)
PAUPERT Maeva (ATER, géographie)
PELLET Eric (PRAG, Lettres)
PLANCHOU Céline (ATER, LEA)
POITRENAUD-LAMESI Brigitte (PRAG, Langues romanes)
RIBEYROL Wendy (MCF, Anglais)
REUNGOAT Sabine (MCF, Anglais)
RIEU Colette (MCF, Anglais)
RIPOLL Fabrice (MCF, Géographie)
RODRIGUEZ Béatrice (MCF, codirectrice Langues romanes)
ROTHMUND Elisabeth (MCF, Allemand)
ROUSSEL François-Gabriel (MCF, INFOCOM)
SPIGA BANNURA Maria Grazia (MCF, LEA)
THELY Ludovic (AMN, Histoire)
THOMAS Jean-Baptiste (ATER, Langues romanes)
TOUCHELAY Béatrice (MCF, Histoire)
TOUZERY Mireille (PU Histoire)
TUTIN Ch. (PU Economie, FSEG)
VIALLE Elisabeth (MCF, Anglais)
WEETS Tatiana (MCF, Anglais)
WEISSMAN Dirk (MCF, Allemand)
WINKLER Claude (MCF, Directrice Département LEA)
ZEKRI Caroline (MCF, Langues romanes)

SESS : 4 signatures

CHEVALIER Vérene (MCF, SESS-STAPS, élue au CA)
DUCARD Dominique (MCF, SESS)
DE LESCURE Emmanuel (MCF, SESS-STAPS)
FRéTIGNé CéDRIC (MCF,SESS)
SARFATI François (MCF, SESS)



IUT : 2 signatures

GARDELLI Jean. (MCF, IUT Créteil)
GARRIC D. (MCF, IUT Sénart)


SCIENCES ET TECHNOLOGIE : 35 signatures

ALBANESE Patricia ( Sciences et technologie)
ALLAIN Geneviève ( Sciences et technologie)
ALTERIO Jeanine ( Sciences et technologie)
BASSAGLIA Yann ( Sciences et technologie)
BES Alexis ( Sciences et technologie)
BLONDET Brigitte ( Sciences et technologie)
BOURIN Marie-Claude ( Sciences et technologie)
BROUILLET Arthur ( Sciences et technologie)
CADUSSEAU Josette( Sciences et technologie)
COTTIN Hervé ( Sciences et technologie)
CROLARD Tristan ( Sciences et technologie)
DEBASTE Nicolas ( Sciences et technologie)
DEVILLE CAVELLIN Catherine ( Sciences et technologie)
DUFLOT Marie ( Sciences et technologie)
DUPRE G. (MCF retraité, sciences et technologie)
DUTOT Alain ( Sciences et technologie)
FONTAS Bernard ( Sciences et technologie)
FOUCRIER Jean ( Sciences et technologie)
GOUJON-Durand Sophie ( Sciences et technologie)
JALTERIO Jeanine ( Sciences et technologie)
KARASINSKI Patrick( Sciences et technologie)
KELLER Angelica ( Sciences et technologie)
LACOMBE Claire ( Sciences et technologie)
LAUTON Gérard ( Sciences et technologie)
MAC LEOD Hélène ( Sciences et technologie)
MARGULIES Monique ( Sciences et technologie)
NICOLAIW Nathalie ( Sciences et technologie)
RAJI Ahmed ( Sciences et technologie)
SPYRATOS Michel ( Sciences et technologie)
STERNBERG Robert ( Sciences et technologie)
VEZIEN Cristelle ( Sciences et technologie)
WATZKY Alexandre ( Sciences et technologie)
ZIDI Mustapha ( Sciences et technologie)

samedi 9 mai 2009

Lettre ouverte de l'I.U.F.M. en lutte de Livry-Gargan



LETTRE OUVERTE A Mme PECRESSE, MM DARCOS ET SARKOZY

Madame, Messieurs,

Aujourd’hui, en raison de votre acharnement, des correcteurs issus de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur retiennent des notes du concours de recrutement des professeurs des écoles. Ayant répondu à l’appel à la rétention des notes que nous avons lancé après avoir bloqué le centre de corrections de Livry-Gargan, ils empêchent ainsi dans l’académie de Paris que soit établie la liste des candidats admissibles. D’autres académies vont vraisemblablement être touchées par ce mouvement ces prochains jours ou lors des épreuves d’admission.

Vous portez l’entière responsabilité de cette situation.

Depuis trois mois, par la grève, les manifestations, la non-remontée des maquettes de master, la ronde infinie des obstinés …, le monde universitaire vous a démontré son opposition à vos projets de casse de la recherche et de l’enseignement publics. A cette contestation, vous avez répondu d’abord par le mépris puis par des passages en force (décret des enseignants chercheurs passé pendant les vacances scolaires), des effets d’annonce (prétendu report de la réforme alors
que les lauréats du prochain concours devront obtenir un master pour être titularisés) et des manœuvres dilatoires (commission Filâtre – Marois qui rendra ses conclusions … le 15 juillet !)

Vos projets ne visent ni à améliorer le niveau de formation des enseignants ni leurs rémunérations. Les enseignants sont déjà recrutés à bac + 5, leur cursus pourrait dès maintenant être sanctionné par l’attribution d’un master professionnel, comme c’est le cas pour les sages-femmes et, si augmentation de traitement il y avait, celle-ci ne concernerait pas toute la profession mais seulement les toutes premières années d’exercice des futurs enseignants dont le début de carrière et donc les premiers salaires seraient différés d’un an. En supprimant l’année de formation professionnelle en alternance rémunérée située après le concours, vous vous apprêtez à envoyer devant les élèves de jeunes enseignants non formés. Vous comptez réaliser ainsi d’importantes économies budgétaires à leur détriment et au détriment des élèves.

De surcroît, en voulant créer des masters « métiers de l’enseignement », vous souhaitez créer les conditions d’un recrutement d’enseignants hors concours, non fonctionnaires. Compte tenu de la réduction des postes de fonctionnaires, cette nouvelle voie d’accès aux métiers d’enseignants éliminerait rapidement celle, sur concours, que nous connaissons aujourd’hui.

Soucieux de l’intérêt des candidats au concours, nous n’avons ni empêché le déroulement des épreuves ni porté atteinte à leurs copies. Nous ne voulons pas annuler la session 2009 des concours. Le concours peut reprendre à tout moment, il suffit pour cela que vous retiriez vos réformes. Conscients pareillement de nos responsabilités à l’égard des futures générations d’élèves et d’enseignants, nous continuerons à défendre le caractère national de l’Education, l’appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d’Etat, les idéaux républicains d’égalité.

C’est pourquoi ni les examens, ni les concours ni les vacances scolaires ne mettront de terme à ce mouvement de résistance.

Notre détermination se renforce à mesure que vous vous obstinez.

Dans l’attente de l’annonce rapide du retrait de vos réformes destructrices, nous vous prions d’agréer, Madame, Messieurs l’expression de nos salutations distinguées.

Livry-Gargan, le 7 mai 2009,

L’I.U.F.M. en lutte de Livry-Gargan

Assemblée de coordination des luttes Créteil et Val-de-Marne, lundi 11 mai, 18h

à tous les salariés, habitants, syndicats, associations, partis du Val-de-Marne

La prochaine assemblée de coordination des luttes Créteil et Val-de-Marne se tiendra le lundi 11 mai à 18h, devant le parvis de la Préfecture de Créteil.
(nous réservons une salle à la Maison des Syndicats, située à 5 mn, en cas de temps peu clément)

Nous ferons le point sur les luttes dans la santé, l'éducation nationale, l'université, EDF-GDF, PTT, sur l'emploi... Nous débattrons des prochaines initiatives de coordination de luttes, y compris par rapport aux journées proposée nationalement (26 mai et 13 juin).

Les syndicats de la santé, de l'université, de l'éducation qui participent aux luttes seront présents.

S'associent à cette démarche MJCF94 et NPA94.

jeudi 7 mai 2009

AUJOURD'HUI N'OUBLIEZ PAS!


A MIDI, la ronde des obstinés tourne autour du Panthéon. Montrons que nous sommes réactifs et mobiles. Tous au Panthéon à 12 heures sonnantes, pour un hommage aux grands hommes et aux femmes illustres qui se sont battus pour la connaissance!


A 12H30 AG ENSEIGNANTS/CHERCHEURS
de la Faculté de Sciences et Technologie


CE SOIR à 18h, dans l'amphi jaune toujours occupé, l'AG unitaire de Paris 12 en lutte se réunit pour organiser la suite de la mobilisation. Soyons nombreux pour faire le point et poursuivre le mouvement!


TOUTE LA JOURNEE signez massivement la déclaration: "Ce qui nous unit" lancée par les enseignants toujours mobilisés en LLSHS et en sciences et technologie:

Déclaration des enseignants de l’UFR de LSH opposés aux réformes en cours

Depuis six mois, chacun d’entre nous a participé à des degrés divers à ce qui est désormais considéré comme le plus long mouvement de protestation de l’histoire de l’Université française, et qui a pris les formes les plus variées : pétitions, appels, lettres ouvertes, affichage, refus de transmission des maquettes, motions en département, motions au CA, manifestations, grève des cours, grève des jurys, contre-cours, cours hors-les-murs, happenings divers, blocages temporaires, reports de partiels…
Depuis six mois, en dehors de quelques modifications cosmétiques destinées à donner le change au plan médiatique, le gouvernement est resté sourd à cette protestation massive.
Dans ce contexte difficile, le débat sur les moyens d’actions occulte trop souvent les questions de fond, et suscite entre nous des divisions que le gouvernement s’efforce d’exploiter au maximum.

C’est pourquoi, nous, personnel enseignant de l’UFR de Lettres et Sciences humaines de l’Université Paris 12, tenons à réaffirmer publiquement ce qui nous unit depuis le début du mouvement en dépit de divergences possibles sur les moyens d’actions, à savoir notre opposition commune aux décrets et aux projets de réforme actuels de l’université et de la recherche : formation des enseignants (« mastérisation »), réforme des concours de recrutement, décret sur le statut des enseignants-chercheurs, réforme du CNRS...

Comme nous l’avons fait ensemble dès l’automne 2008, nous demandons toujours au gouvernement d’en finir avec cette surdité délétère, d’écouter les hommes et les femmes qui font cette Université qu’ils déclarent vouloir réformer, d’entendre les critiques formulées par l’écrasante majorité des syndicats et des sociétés savantes, de retirer ses projets et ses décrets, et d’organiser enfin une véritable concertation avec tous les acteurs du mouvement.

Quels que soient les moyens par lesquels, individuellement ou collectivement, nous avons choisi de manifester cette opposition, ensemble nous en réaffirmons les principes fondamentaux :
- notre refus commun de la liquidation du service public de l’enseignement qui aura pour corollaire la précarisation généralisée du métier d’enseignant ;
- notre refus commun d’une entreprise de dévoiement de l’esprit universitaire ;
- notre refus commun de la marchandisation du savoir.

A Créteil, le 5 mai 2009



Signatures à renvoyer à p12lettres@gmail.com

mercredi 6 mai 2009

La ministre calomnie et menace; l'UMP veut pénaliser la grève

Communiqué à la presse de la Coordination nationale des universités
- mercredi 6 mai 2009 -

La coordination nationale des universités s'indigne de la campagne de diffamation orchestrée par la ministre, l'UMP, l'UNI et complaisamment relayée par une grande partie des principaux médias.

Le mouvement de grève historique des universités qui dure depuis trois mois n'avait jusque là trouvé qu'un bien faible écho dans la grande presse. Nos revendications y ont été systématiquement déformées, réduites à la seule question du statut des enseignants-chercheurs alors que l'ensemble de la communauté universitaire est aujourd’hui en lutte pour contester la casse systématique du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche orchestrée par la politique du gouvernement et en particulier par la loi LRU. Une politique qui touche aux valeurs qui nous sont les plus chères et dont les victimes sont l'ensemble des personnels de l'université, enseignants comme personnels administratifs, techniques et des bibliothèques et, bien plus encore, les étudiants d'aujourd'hui comme ceux des générations à venir.

C'est pour cela que notre détermination ne faiblit pas. Il suffisait de se rendre dans les Assemblées Générales le plus souvent massives de ces derniers jours dans la plupart des universités pour s'en rendre compte.

La dernière coordination nationale des universités a rassemblé à la Sorbonne les délégués de 64 universités mobilisées dont la plupart sont aujourd’hui encore en grève et/ou bloquées. Elle a réuni, comme depuis le début de ce mouvement, un front extrêmement large de toutes les catégories, de toutes les tendances et sensibilités politiques, des étudiants, des personnels BIATOSS, des doctorants précaires, des enseignants vacataires, des maîtres de conférences, des chercheurs, d'honorables professeurs des universités, etc. Ce sont ceux là probablement que le Figaro de mardi décrit comme un groupuscule d'extrême gauche manœuvrant dans l'ombre. Ce serait simplement risible et ridicule si cette manœuvre diffamatoire ne s'inscrivait pas dans un processus de répression administrative et policier déjà entamé depuis longtemps par le gouvernement contre le mouvement social.

C'est dans ce cadre que le député UMP Damien Meslot a déposé un projet de loi prévoyant des poursuites et des amendes contre les universitaires et les étudiants en lutte. Cette nouvelle attaque directe sur le droit de grève est une provocation contre l'ensemble des salariés. Le droit de grève est une liberté fondamentale et le choix de leurs modes d'action ne peut revenir qu'aux grévistes eux-même.

La communauté universitaire n'a fait le choix d'utiliser cette liberté qu'après avoir tenté toutes les autres formes d'intervention possible pour interpeller le gouvernement sur des lois insupportables et dangereuses. Elle n'a eu comme réponse que l'obstination et le refus de toute réelle négociation. Le gouvernement s'est rendu seul responsable de la situation dramatique de blocage des universités. Il doit maintenant retirer immédiatement les décrets largement rejetés et annoncer clairement un changement radical de sa politique universitaire et une large concertation avec l'ensemble de la communauté.

Pour joindre l'ensemble des porte-parole par mail : porte-parole@cnu.lautre.net
- Thierry LABICA, EC, Paris 10, thierry.labica@yahoo.fr 01 39 72 83 49
- Sasha PAPAZOFF, Etudiante, Inalco et Paris 4, sasha.papazoff@gmail.com 06 89 14 38 16
- Pascal LEVY, BIATOSS, Paris 1, angie.gennaro@gmail.com 06 61 97 29 07
- Patricia TUTOY, enseignante vacataire, Paris 13, ptutoy@avantitude.com
06 42 66 97 43 - Lea VALETTE, doctorante vacataire, Paris 10 06 77 78 17 66